Mgr Raffin le 7 décembre 2011

Vous pouvez lire ci-dessous un long extrait de l’homélie de Monseigneur Pierre Raffin, évêque de Metz, pour les premières vêpres de l’Immaculée Conception, célébrées avec les prêtres et diacres du diocèse.

Le texte est publié sur ce blog avec l’accord de Mgr Raffin !

Tout, dans notre Eglise, doit être réglé sur sa mission évangélisatrice

 

Le 8 décembre 1965, il y aura demain quarante-six ans, s’achevait le deuxième Concile du Vatican.

Ouvert le 11 octobre 1962, par le discours libérateur du bienheureux Jean XXIII, le Concile s’était positionné d’entrée de jeu comme un Concile qui s’appliquerait « à présenter aux hommes de ce temps la vérité de Dieu dans son intégrité et dans sa pureté, de telle sorte qu’elle leur soit intelligible et qu’ils y adhèrent de bon cœur ». Ainsi s’étaient exprimés le 20 octobre 1962, les Pères du Concile dans un message adressé à l’humanité : « Nous nous donnerons tout entiers à cette œuvre de rénovation spirituelle, ajoutaient-ils, pour que l’Eglise, aussi bien dans ses chefs que dans ses membres, présente au monde le visage attirant du Christ qui brille dans nos cœurs, pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu » (2 Co 4,6).

Pendant quatre ans, le Christ, lumière des peuples, « Lumen Gentium », n’était pas seulement le titre du document le plus important du Concile, mais son véritable programme. A travers de nombreux débats, marqués plus d’une fois par la vivacité des échanges, les Pères du Concile avaient pris conscience de la nécessité d’un aggiornamento doctrinal, spirituel et moral qui les concernerait personnellement, pour redonner un nouvel élan missionnaire à l’Eglise.

En prenant le relais de Jean XXIII, le pape Paul VI, lors de l’ouverture de la 2ème Session du Concile, le 29 septembre 1963, avait solennellement déclaré : « C’est le Christ, le Christ qui est notre principe, le Christ qui est notre voie et notre guide, le Christ qui est notre espérance et notre fin ».

Dans cette perspective, Vatican II était le premier concile œcuménique à proposer un enseignement unifié sur la Vierge Marie, en l’incluant dans la Constitution même sur l’Eglise, au chapitre VIII, la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de l’Eglise. Le Concile s’était ouvert un 11 octobre, date à laquelle on fêtait alors la Maternité divine de Marie. Le 21 novembre 1964, en promulguant la constitution « Lumen Gentium », Paul VI avait proclamé Marie, mère de l’Eglise, et c’est en la fête de l’Immaculée Conception qu’un an après les Pères du Concile se disperseraient « pour aller à la rencontre de l’humanité et lui porter la bonne nouvelle de l’Evangile du Christ et du renouvellement de son Eglise » auquel le Concile avait travaillé depuis octobre 1962.

Pour marquer symboliquement leur volonté d’aller à la rencontre des hommes, les Pères du Concile adressèrent alors sur le parvis de Saint-Pierre de Rome des messages aux gouvernants, aux hommes de la pensée et de la science, aux artistes, aux femmes, aux travailleurs, aux pauvres, aux malades, à tous ceux qui souffrent, aux jeunes.

Si j’évoque ce soir cette histoire, en la veille de la Solennité de l’Immaculée Conception et en cette année 2011-2012 où nous voulons marquer les cinquante ans de l’ouverture du Concile, c’est pour vous convaincre, s’il en est besoin, que tout dans notre Eglise doit être réglé sur sa fonction évangélisatrice, entre autres son gouvernement, la gestion de ses biens matériels et de ses ressources financières, son organisation pratique. Le code de droit canonique de 1983, dernier acte de l’aggiornamento conciliaire, s’achève par cette phrase : « Dans l’Eglise, le salut des âmes doit être toujours la loi suprême » (Canon 1752).

(…)

L’Immaculée Conception est la fête de l’espérance. Marie pleinement renouvelée par la grâce pascale avant même de naître est le signe avant coureur de l’humanité totalement rachetée dans la pâque du Christ. Comme le dit la préface du 8 décembre : « En elle est préfigurée l’Eglise, la fiancée sans ride, sans tache, resplendissante de beauté ». Qu’à sa prière nous soyons renouvelés dans notre attachement au Christ et dans notre attachement à l’Eglise et à sa mission.