image tirée du site www.info.catho.be

Vous pourrez trouver ci-dessous l’introduction de la conférence de carême prononcée par le père Laurent Pidolle, directeur au séminaire inter-diocésain de Lorraine, le 11 mars 2012, en la chapelle Sainte Croix de Metz. Elle met clairement en lumière le lien entre le concile et la nouvelle évangélisation.

Après avoir créé en 2010 un conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, Benoît XVI fait coïncider en octobre prochain un synode des évêques sur le même thème et le 50ème anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II. Est-ce une coïncidence ? Vous vous doutez tous de la réponse, surtout quand on connaît l’intelligence si claire et si attentive aux signes des temps du Saint Père !

Commençons par une image. Vous avez déjà tous vu une orchidée en train de se développer. Au départ, c’est une petite pousse qui part de la base des feuilles, puis elle devient une tige qui s’oriente vers la lumière, puis apparaissent des boutons de chaque côté, enfin chaque bouton éclot à son heure, ce qui donne le magnifique bouquet de fleurs colorées et tachetées que l’on connaît. Cette observation révèle que c’est à la lumière de chaque étape arrivée à maturité que l’on comprend l’étape précédente. Il en va ainsi de tout organisme vivant en croissance. Il en va ainsi de l’Église, le Corps vivant du Christ qui opère sa croissance en Dieu (cf. Col 2,19 cité en Lumen Gentium 7).

Depuis l’ouverture de Vatican II, l’Église a pris 50 bougies de plus. Vous devinez là où je veux en venir : on a certainement plus de recul aujourd’hui pour lire, comprendre dans l’aujourd’hui de l’Église le dernier Concile et continuer à le mettre en application. Comme le dit A. Chapelle,

dans le Christ, n’est-ce pas grâce à l’Église d’aujourd’hui que nous pouvons accéder critiquement à l’Église d’hier comme de demain ? L’Esprit-Saint qui guide l’Église en sa fidélité ne lui donne-t-il pas de nous offrir ce qui nous est aujourd’hui nécessaire à l’intelligence de sa Tradition ?

A. CHAPELLE, Pour la vie du monde. Le sacrement de l’Ordre, IET éditions, Bruxelles 1978.

Cette manière de faire est confirmée d’ailleurs par notre évêque qui affirme dans sa préface au Carême à domicile 2012 : « l’héritage de Vatican II, nous le recevons non seulement à travers les 16 documents qu’il a publiés, mais aussi à travers le Code de droit canonique de 1983 et les Exhortations apostoliques post-synodales des pontificats de Paul VI et de Jean-Paul II ». Monseigneur Raffin serait d’accord, je pense, qu’on ajoute aussi le CEC (Catéchisme de l’Église Catholique) qui est le « catéchisme de Vatican II » et aussi la Lettre apostolique de Jean Paul II Novo millenio ineunte qui a inauguré le nouveau millénaire et qui est une magnifique synthèse des trésors et de toute la dynamique de Vatican II. D’ailleurs, savez-vous quel est le regard de Jean-Paul II lui-même sur tous ces synodes post-conciliaires ? Leur

thème fondamental est celui de l’évangélisation, et même de la nouvelle évangélisation, dont les bases ont été posées par l’exhortation apostolique Evangelii nuntiandi de Paul VI, publiée en 1975 [10ème anniversaire de la fin du Concile] […] Ces synodes font déjà par eux-mêmes partie de la nouvelle évangélisation : ils résultent de la conception du concile Vatican II sur l’Église […]

Exhortation apostolique Tertio millenio adveniente, n° 21. En gras, c’est moi qui souligne.

Dans Evangelii nuntiandi, Paul VI disait déjà, sans employer l’expression « nouvelle évangélisation » que les objectifs de Vatican II « se résument en définitive en un seul : rendre l’Église du 20ème s. encore plus apte à annoncer l’Évangile à l’humanité du 20ème siècle » (EN 2).

Et nous, comment voyons-nous la nouvelle évangélisation ? Comme un des boutons de l’orchidée qui serait celui des communautés nouvelles ou qui désignerait quelques méthodes nouvelles d’évangélisation ? Ou la voyons-nous comme le dynamisme même de l’orchidée, de la fleur-Église, impulsé à Vatican II et qui oriente tout son développement ?