Cela fait maintenant près de 3 mois que plus rien n’a été publié su ce blog concernant le jubilé d’or de l’ouverture du Concile Vatican II…

Qu’est-ce à dire?

Que le jubilé de l’ouverture du Concile serait devenu obsolète, même pour les rédacteurs de ce blog dont je fais parti?

Que la plus part des jeunes prêtres, tout comme un nombre de laïcs, ont « changé leurs fusils d’épaules » préférant suivre la mode d’une forme de  « matérialisme spirituelle »?

J’entends par « matérialisme spirituel » cette capacité d’inonder la toile en se faisant le relais des moindres faits et gestes du pape François, et dont les interprétations plus démagogiques les unes que les autres, relèvent plus de la mouche prise au piège de sa fenêtre et qui se cogne la tête, que de l’aigle qui pour voir de plus prêt, prendra encore plus de hauteur.

Même chez nous, la question de la pauvreté est traitée de manière tellement matérialiste, qu’on se demande où en est la profondeur mystérique de la personne humaine dans tout cela. Le peu de relais médiatique au niveau national que l’on a accordé à « DIACONIA 2013 « , et dont le message final est porteur d’espérance évangélique face à la situation économique actuelle, en était un douloureux constat qui corrobore l’approche trop matérialiste de la question des situations de précarité.

Que sont devenus tous les adeptes de « l’herméneutique de la continuité« , qui pour faire « in » vendaient du Benoît XVI à n’en plus finir? Dont certains donnent l’impression aujourd’hui de se vendre, pour faire tout autant « in« ? Mais un « In » vivant des caprices de l’éphéméride?

Que sont devenus tous les défenseurs de la « juste » cause interprétative du concile, et qui donnent maintenant dans le vaudeville, en allant jusqu’à critiquer d’ici ou de delà, des projets de réfections d’église, en s’indignant presque de cette initiative, qui aurait pu servir pour des causes plus utiles, pour la « pastorale » plutôt que dans la pierre.

Ah le « versatilisme » est sans doute la maladie universelle… Voilà la nouvelles expression de la maladie spirituelle des « gyrovagues » propre au monachisme. Le gyrovague est ainsi décrit dans la Règle de saint Benoît:

« …La quatrième catégorie de moines est celle des gyrovagues. Ils passent toute leur vie à courir de province en province, séjournant trois ou quatre jours dans les cellules les uns des autres. Toujours en route, jamais stables, esclaves de leurs volontés propres et des plaisirs de la bouche, ils sont pires en tout… » Chapitre 1, versets 10-11.

Si l’illustre saint Benoît terminait la description des gyrovagues en disant ceci:

« Mais mieux vaut se taire que de parler de la misérable condition de tous ces gens« . Chapitre 01? verset 12.

Alors comme lui, essayons de revenir tout de même au vaste projet que le pape mérite Benoît XVI avait lancé pour l’Eglise universelle: une nouvelle phase de la réception du Concile Vatican II.

En effet, la question de la réception concile Vatican II et de sa juste interprétation ne relève pas d’une idée personnelle de l’ancien pape, mais elle incombe à toute l’Eglise!

Même si le pape François succède à Benoît XVI, ce n’est pas pour autant que le Concile  n’est plus « la boussole sûre pour notre temps« . C’est bien à nous de poursuivre cette réception renouvelée du Concile Vatican II, et c’est personnellement dans ce sens, que je proposerais mes contributions par les publications.

Non! « L’herméneutique de la continuité » n’est pas la lubie personnelle d’un vieil homme; ni même la manière dont Benoît XVI, l’un des derniers vivants (pour ne pas dire « survivants ») des Pères Conciliaires, aurait « imposer » sa vision du Concile!

Mais « l’herméneutique de la continuité » me semble l’intuition que les jeunes générations ont à emprunter, à explorer, et à suivre!

Même si cela peut surprendre, je vais persévérer dans cette aventure, même si ce n’est plus « in« , ni même à la mode ecclésiale!

Car après tout, le temps ne serait-il pas bienvenu de redéfinir ce qu’est « l’herméneutique de la continuité », car cette dernière n’a-t-elle pas été trop vite comprise sous une dimension trop partisane?

Ce fût le 22 décembre 2005 que Benoît XVI lui donna sa formulation, peut-être serait-il temps de reprendre le discours et de s’en réapproprier les fondements?  Et avec eux, d’avancer sur la nouvelle phase de la réception du Concile dans laquelle nous sommes entrés?