Le 9 mai est la Journée de l’Europe. En Moselle, plus qu’ailleurs, nous ne pouvions laisser passer l’occasion de vous parler de Robert Schuman, l’un des pères fondateur de l’Union européenne. Nous vous livrons ci-dessous une partie d’une conférence du Professeur Guy Villaros, présentée lors de l’assemblée générale de l’Institut Saint Benoît qui soutien activement la cause de béatification du serviteur de Dieu Robert Schuman.

Robert Schuman Portrait tiré du site histoart.over-blog.com

Il existe dans la vie des convergences d’anniversaires et de fêtes, qui incitent aux synthèses, et aux études parallèles, Il ne faut pas les rater : ce sont des signes des temps, comme le disait le pape Jean XXIII, des clins d’œil de l’Esprit-Saint, moments privilégiés que la divine Providence met sur notre route. Célébrer le 50ème anniversaire de la mort de Robert Schuman ou pour le dire plus religieusement comme il convient à un Serviteur de Dieu, la naissance à la vie éternelle  « le dies natalis », c’est pour nous une occasion tout au long de l’année qui précède d’approfondir nos connaissances le concernant et de répandre autour de son nom et de sa spiritualité cette aura, cette bonne odeur de sainteté sans lesquelles il n’y a pas d’élus.

Dans cet esprit de convergence providentielle, je vous rappelle que notre pape Benoît XVI nous demande cette année de relire et d’approfondir les textes du Concile Vatican II dont nous fêtons aussi le cinquantenaire. Rapprocher les enseignements conciliaires de l’œuvre politique de Robert Schuman et surtout des sentiments chrétiens qui l’animent et des vertus en actions qui la soutiennent, c’est d’une évidence et d’une richesse surprenantes.

Les Conciles mettent toujours plus d’un siècle avant d’être compris, avant d’être même lus en totalité, avant d’être reçus, assimilés et plus longtemps encore avant d’être mis en œuvre. C’est encore plus vrai pour Vatican II  dont le ton n’est pas celui de la condamnation : il ne dresse pas de barrières défensives. Au contraire il est pastoral tout en étant profondément théologique et novateur.

Il ouvre un regard neuf sur le monde. Il donne au laïcat une définition positive, une vocation à la sainteté et le lance à l’action apostolique dans le monde. Relire les engagements de Robert Schuman à cette lumière est d’une grande richesse

Avec Lumen Gentium, l’Eglise est redéfinie avant tout et en toute première approche comme un mystère d’unité et de communion, de fidèles convoqués et baptisés, pour la triple mission de louer, de célébrer et de servir, et non pas comme une institution humaine fonctionnant en autarcie repliée sur elle-même comme une société dite « parfaite » répondant  et s’enfermant dans une seule définition juridiqu

Robert Schuman par son attitude et ses engagements répond parfaitement à cette promotion du laïc  engagé si bien reprise plus tard dans l’exhortation apostolique de Jean Paul II « Christi fideles laïci » en 1988

Que dire alors avec Gaudium et spes : « l’Eglise dans le monde de ce temps ». C’est un texte dont tous les chapitres sont d’une actualité brûlante pratiquement tous centrés sur la primauté de la défense de la personne humaine. Une primauté qui est au centre de toutes les problématiques, éthiques, sociales, et économiques. Vous y trouverez tous les chapitres de l’enseignement social de l’Eglise sur les quels Robert Schuman fut souvent précurseur, et prophète engagé

Quant aux déclarations «  Dignitatis humanae » et « Nostra aetate «  qui posent tant de problèmes aux intégristes parce qu’elles osent prétendre que le salut peut être offert même hors de l’Eglise à des hommes de bonne volonté qui cherchent Dieu et qu’il existe des semences de vérité même hors d’une foi authentiquement chrétienne, voilà justement un discours œcuménique et inter-religieux auquel Robert Schuman comme pèlerin de la paix et de la réconciliation ne pouvait qu’adhérer dans cet esprit de la réunion d’Assise qui est celui de Jean-Paul II comme de Benoît XVI. Les religions doivent être ferments d’amour, de pardon et de réconciliation et jamais utilisées à des fins politiques comme des moyens de conquête d’agression et de pouvoir, comme c’est si souvent le cas aujourd’hui. En relisant Vatican II, on est frappé par le prophétisme de l’homme d’Etat qui voyait l’avenir du monde avec les yeux de l’espérance chrétienne. Plus de 25 ans avant la chute du mur de Berlin, dans un esprit de pardon et de réconciliation il voyait le retour à la liberté des voisins de l’Est dans une  Allemagne réunifiée et dans une Europe apaisée. Le prophète rêvait aussi à ce que cette fédération d’états unis par les intérêts certes mais aussi par la politique et surtout par des valeurs humaines communes devienne modèle universel. Une ambition loin d’être réalisée mais qui continue à animer nombre de parlementaires européens.