Nous sommes le 21 novembre 2014….

Et en regardant les multi-médias catholiques et autres funambules de la communication en réseau à la mode, je ne peux, à l’heure (12H…) où je publie ce billet, qu’être déçu…

Déçu, parce que le 21 novembre 1964, s’achevait la 3ème session du Concile, qui a vu la promulgation de 3 textes majeurs concernant le mystère de l’Eglise. D’une part la constitution dogmatique sur l’Eglise « Lumen Gentium » (votée à 2151 voix contre 5), et d’autre part 2 décrets concernant les Eglises orientales catholiques (voté à 2110 voix contre 39), et l’oecuménisme (voté à 2137 voix contre 11)…

Et personne n’en parle!…

Il y a 50 ans, on posait les bases de renouvellement ecclésiologique inhérent à la vie actuelle de l’Eglise, mais aussi en vue de l’unité des différentes confessions chrétiennes.

Déçu… Egalement de cet oubli apparent du Saint-Siège…

Car même le pape François, dans sa dernière audience générale du 19 novembre a invité les fidèles présents à se souvenir le 21 novembre à venir, Mémoire de la Présentation de la Vierge Marie, des personnes consacrées à Dieu. Mais, il n’a pas invité les fidèles à se souvenir aussi de ce don extraordinaire fait à l’Eglise avec la constitution dogmatique, votée il y a 50 ans à 2151 voix contre 5. Pourtant n’est-ce pas cette constitution qui est considérée comme la plus importante du Concile? D’autant que c’est celle qui donne sens aux catéchèses du pape sur l’Eglise depuis le 18 juin 2014! Il est frappant que le pape (dont on ne peut remettre en cause son amour de l’Eglise) médite abondamment sur elle, avec si peu de références à la Constitution, qui fondent  pourtant son enseignement sur l’Eglise, dont il est le serviteur des serviteurs… Même si ses catéchèses sont en adéquation avec l’enseignement de « Lumen Gentium« , il est étonnant et personnellement dommage, qu’il ne cite pas ses sources (soit explicitement, soit en référence de notes en bas de page…)… Allez savoir pourquoi…

C’est très surprenant mais bon… Mais selon la formule moderne « c’est son choix« …

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Cela m’interroge, car d’une manière générale, cela traduit-il un profond désintérêt pour le texte lui-même, fruit d’un si grand labeur ecclésial? Cela traduit-il le fait que les textes conciliaires ne sont plus des « références« , des « boussoles » pour orienter la marche de l’Eglise aujourd’hui?

Est-ce qu’un texte « normatif », recevant la signature des 2151 responsables de l’Eglise, puisse n’avoir plus de « poids » aujourd’hui?

Or si aujourd’hui nous vivons « en Eglise« , avec ses joies et ses difficultés, de la manière que nous connaissons; si aujourd’hui nous pouvons parler de ce mystère avec les thématiques et les expressions que nous connaissons, c’est grâce à ce texte! Alors comment se fait-il que 50 ans après, il soit déjà oublié? Un paradoxe se pose, car comment pouvons-nous « vivre » dans l’élan du Concile, sans pour autant faire référence avec ses textes, et les avoir assimilés, ou tout du moins à la fréquenter régulièrement. Comment pouvons-nous dire que l’on « vit » de quelque chose, sans le connaitre, sans se passionner pour lui, allant jusqu’à l’oublier…

La question que je me pose est celle-ci: si le Concile a été un évènement historique, est-ce pour autant qu’il est entré dans l’Histoire? Je me souviens des réflexions concernant la création de ce blog, et du passage à la postérité de l’élan conciliaire face à la disparition progressive des générations qui l’ont fait. Ainsi s’ajoute cette autre question: Est-ce que pour les générations futures qui sont la mienne, qui sont nées après l’évènement, le Concile fera parti de nos références régulières au même titre que l’Evangile?

Or, nous avions pu voir, dans une précédente analyse combien, cette 3ème session du Concile Vatican II fût la plus achevée et la plus construite. Montrant ainsi que le Concile Vatican II est un Concile ecclésiologique. Cet accent est le fruit de la volonté du bienheureux Paul VI, et ce depuis sa première encyclique « Ecclesiam suam« , datée du 6 août 1963, date à laquelle il confirma la poursuite du Concile et s’engageant à le mener à terme.

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Voici la liste des articles consacrés à l’étude de ces textes fondateurs, qui sont à la base de tout le renouvellement ecclésiologique du Concile Vatican II.

2 Etudes sur le décret sur l’Oecuménisme.

  • Etude générale sur le décret, en 2 parties: Partie 1 et partie 2.
  • Article sur le lien entre Oecuménisme et Liberté religieuse.

9 Etudes sur la constitution dogmatique « Lumen Gentium« :

  • Article sur le lien entre « Lumen Gentium » et la veillée pascale.
  • Article sur le lien entre mystère de l’Eglise et mystère du baptême.
  • Article sur le lien entre mystère de l’Eglise et centralisme du mystère de la Croix.
  • Article sur le mystère de l’Eglise et le mystère du Peuple de Dieu (Toussaint).
  • Article sur l’Eglise, signe visible et efficace d’une réalité invisible.
  • Article sur « Lumen Gentium« , comme le signe du renouveau ecclésiologique souhaité par le bienheureux Paul VI.
  • Article sur la collégialité des évêques et la dimension apostolique de l’Eglise dans « Lumen Gentium« .
  • Article sur le ministère du pape d’après « Lumen Gentium« .
  • Article sur le mouvement missionnaire de « Lumen Gentium« .

1 Etude sur le décret « Ad Gentes« , qui parle de la dimension missionnaire de l’Eglise en synthétisant l’enseignement de « Lumen Gentium«