Après avoir longuement parlé du ministère des prêtres, le décret conciliaire « Presbyterorum Ordinis » s’attarde dans son développement sur ce qui fait plus particulièrement la vie du prêtre.

Dans un récent discours (aux séminaristes des séminaires régionaux de Campanie, de Calabre et d’Ombrie, à l’occasion du centenaire de leur fondation par saint Pie X), le Pape Benoît XVI donnait en quelque sorte le carnet de route des futurs prêtres:

Voici ce à quoi tend votre formation, dans l’attente de la mission qui vous verra confiée pour la gloire de Dieu et le salut des âmes : former votre esprit, sanctifier votre volonté. Le monde a besoin de saints, voilà ce qui prime. Plus que des prêtres cultivés, éloquents, à la page, il faut des prêtres saints et sanctificateurs.

 Et le pape de conclure:

Ce sont des propos toujours actuels car l’Église a plus que jamais besoin d’ouvriers de l’Évangile, témoins crédibles et promoteurs de sainteté par leur vie même. Que chacun d’entre vous puisse répondre à cet appel !

C’est précisément avec cette vocation à la sainteté que s’ouvre le chapitre sur la vie du prêtre. En effet, le numéro 12 du décret conclu en disant :

Les prêtres « doivent s’efforcer de vivre de plus en plus une sainteté qui fera d’eux des instruments toujours plus adaptés au service du Peuple de Dieu tout entier.

Cette « sainteté » que l’on ressent comme quasiment obligatoire pour le prêtre, lui vient comme pour tout baptisé de son propre baptême. Le baptême, en effet, procure la grâce pour tendre vers la perfection dont Jésus parle lui-même : « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 48).  Cette perfection qui vient du baptême revêt donc un caractère particulier pour le prêtre qui est consacré d’une manière toute spéciale par l’ordination sacerdotale. Ils deviennent par cette ordination des instruments vivants de la grâce de Dieu, cette grâce qui les rend capable de tendre vers la perfection de celui qu’ils représentent, c’est-à-dire le Grand-Prêtre « saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs. » (He. 7, 26) Cette sainteté du prêtre passe par un détachement de soi et de son corps tout entier pour approcher de l’Homme parfait (Ep, 4, 13) comme le signalent les Pères Conciliaires.

Le texte conciliaire continue son développement en mettant en avant que la sainteté du prêtre passe par l’exercice du ministère et donc par les sacrements. L’accueille de l’Esprit-Saint dans la vie du prêtre est quelque chose de primordial pour l’exercice du ministère, l’administration des sacrements et la vie spirituel personnelle. La sainteté du prêtre, comme le signale le décret, est un élément essentiel pour la transmission de la grâce de Dieu envers les fidèles. Il s’agit pour le prêtre de faire sienne la parole de st Paul : « Si je vis, ce n’est plus moi, mais le Christ qui vit en moi. » (Ga, 2, 20).

La Sainteté, le prêtre l’acquière aussi en exerçant envers les fidèles qui lui sont confiés, les Tria munera dont j’ai déjà parlé dans un billet précédent. Le prêtre est avant tout ministre de la Parole de Dieu. Il se doit de la lire personnellement, de l’écouter et de l’accueillir en lui-même tous les jours pour pouvoir la transmettre. Ce ministère de la Parole est confié dès l’ordination diaconale lorsque l’évêque transmet l’Evangéliaire en disant :

Recevez l’Evangile du Christ, que vous avez la mission d’annoncer. Soyez attentif à croire à la Parole que vous lirez, à enseigner ce que vous avez cru, à vivre ce que vous aurez enseigné.

Rituel de l’Ordination au numéro 238

Ministre de la liturgie, le prêtre représente le Christ en personne dans la célébration de l’Eucharistie. C’est là que le prêtre exerce sa fonction principale. Lors de l’ordination du prêtre, l’évêque lui transmet le calice en lui disant :

Recevez l’offrande du peuple saint pour la présenter à Dieu. Ayez conscience de ce que vous ferez, imitez dans votre vie ce que vous accomplirez par ces rites et conformez-vous au mystère de la croix du Seigneur.

Rituel de l’Ordination au numéro 163

 Le 2ème concile du Vatican met l’accent sur le fait que le prêtre est vivement invité à célébrer l’Eucharistie tous les jours et cela même en l’absence de fidèles car c’est un acte du Christ et de l’Eglise (PO 13).

Dans tout ce qui fait la vie liturgique et sacramentelle du prêtre, celui-ci n’oubliera pas le sacrement de la réconciliation sur lequel le Concile insiste particulièrement. Sa prière personnelle se fera incessante par l’Office divin, autrement dit le Bréviaire par lequel le prêtre prête sa voix à l’Eglise et il prie pour le peuple de Dieu qui lui est confié.

En empruntant les paroles de st Paul aux Corinthiens, le prêtre aura une :

Ferme espérance pour ses fidèles, afin que, réconforté par Dieu, il puisse lui-même réconforter ceux qui subissent toutes sortes d’épreuves.

2 Co 1, 4

La sainteté dans la vie du prêtre passe aussi par une unité de vie qui semble essentielle. Les hommes du XXIème siècle sont tous pressés par le temps qui passe, par les multiples occupations de la vie courante. Pour les prêtres, il n’y a pas d’exception. Les Pères Conciliaires insistent donc sur l’importance d’une unité de vie qui est importante pour un bon équilibre. Là aussi, l’accent est mis sur la célébration de l’eucharistie, moment centrale de la journée du prêtre et autour de laquelle toute la pastorale est orientée. Il ne faut pas oublier, et le Concile le rappelle, que Dieu se sert de ses ministres pour continuer l’œuvre du Père mais que, dans un même élan, le prêtre doit être sans cesse tourné vers le Père pour faire sa volonté !  Le numéro 14 de Presbyterorum Ordinis revient donc largement sur ce thème de l’unité de vie du prêtre.