Terminons cette petite étude du Décret Conciliaire Presbyterorum Ordinis sur le Ministère et la Vie des Prêtres par les numéros 15 à 22.

Les numéros 15 et 16 qui se situent toujours dans le chapitre concernant la Vie des prêtres, touchent plus particulièrement aux exigences spirituelles.

Une des qualités spirituelle du prêtre qui est mise en avant par le concile Vatican II est l’humilité. Ce que le prêtre doit avoir à l’esprit c’est qu’il ne doit pas rechercher sa propre volonté mais bien la volonté de Celui qui l’a envoyé. Cela demande une vraie humilité  qui doit être consciente de la faiblesse de l’homme. Il y a une sorte d’abandon à l’Esprit Saint chez le prêtre qui fait qu’il se laisse conduire par lui dans une totale liberté. Cette humilité se traduit tout simplement par la disponibilité qu’il a vis-à-vis des fidèles et du peuple de Dieu qui lui est confié.

Un deuxième point soulevé est celui de l’obéissance. C’est une promesse faite dès l’ordination :

Promettez-vous de vivre en communion avec moi et mes successeurs, dans le respect et l’obéissance ? (Rituel de l’Ordination, numéro 153.)

Il ne s’agit pas là d’une obéissance servile mais bien d’un moyen qui renforce l’unité des prêtres entre eux, avec l’évêque et avec l’Eglise toute entière.

Une autre exigence spirituelle donnée au prêtre est le choix du célibat. C’est là encore une promesse faite à l’évêque et cela dès l’ordination diaconale :

N. vous êtes prêt à vous engager au célibat. Voulez-vous pour signifier le don de vous-même au Christ Seigneur, garder toujours cet engagement à cause du Royaume des cieux, en vous mettant au service de Dieu et de votre prochain ? (Rituel de l’Ordination, numéro 225.)

Il s’agit ici de la pratique de la continence parfaite et perpétuelle pour le Royaume des cieux. Cette pratique est recommandée par le Christ lui-même (voir en Mt 19, 12). Ce choix du célibat est pour l’Eglise et à fortiori pour le prêtre un signe et un stimulant pour la charité pastorale.

La pratique du célibat dans l’Eglise latine a de multiples convenances pour le prêtre dans le sens où celui-ci est rendu entièrement disponible pour la mission. Par le choix du célibat, le prêtre se consacre au Christ d’une manière unique et sans partage, ce qu’il ne pourrait pas faire s’il était marié et avait des enfants. Il est alors plus libre pour se consacrer à Dieu et aux hommes, plus disponible pour le service, plus capable d’êtres en quelque sorte le père de tous… d’une manière spirituelle. Le numéro 16 du Décret se termine par une invitation à tous, prêtres et laïcs à tenir ce don précieux du célibat sacerdotal et à demander à Dieu de l’accorder toujours avec abondance à son Eglise (PO 16). C’est la condition toujours maintenue par l’Eglise pour avoir des prêtres.

Après l’humilité, l’obéissance et le célibat, une autre exigence spirituelle est encore souhaitée des prêtres dans la pauvreté volontaire. Nous l’avons déjà signalé précédemment, le prêtre est dans le monde mais il n’est pas du monde. Il s’agira alors pour lui, non pas de vivre dans une pauvreté comme l’a fait un St François d’Assise ou d’autres grands saints mais d’utiliser les biens matériels qu’offrent la société d’aujourd’hui d’une manière juste et qui corresponde à la volonté de Dieu, tout en évitent tout ce qui peu paraitre inutile ou superflu pour la mission.

Cette pauvreté volontaire devra se vivre au jour le jour pour rendre plus évidente aux yeux du monde leur ressemblance avec le Christ et par là, les rendra aussi plus disponible au ministère pour lequel ils ont été appelés par le Christ et ordonnés par l’Eglise. Ce souci de pauvreté mis en avant par le Concile est vécu de manière à ce que la maison du prêtre soit accessible à tous et que personne, même le plus humble, n’ait honte d’y venir (PO 17).

Après avoir développé des exigences spirituelles pour le prêtre, les Pères Conciliaires donnent aussi quelques moyens pour y parvenir. Le numéro 19 les développe tour à tour : étude de la Bible, fréquentation de l’Eucharistie, confession sacramentelle fréquente, mais aussi visite au Saint Sacrement, retraite spirituelle et direction spirituelle. L’oraison quotidienne et les autres diverses formes de prières personnelles permettent de fortifier la vie spirituelle du prêtre.

Le prêtre est en outre invité à poursuivre sans relâche sa formation intellectuelle. La lecture et l’étude de la Bible, la fréquentation des écrits des Pères de l’Eglise, la connaissance des textes du magistère, des conciles et des papes est importante pour la formation personnelle et celles des fidèles.

« Tout travail mérite son salaire » (Luc 10, 7). C’est dans ce sens que le concile demande à ce que les prêtres bénéficient d’une juste rémunération qui leur permette un niveau de vie suffisant pour assurer de manière correcte leur mission. Ce sont les évêques qui doivent veiller dans chaque diocèse à ce que les prêtres aient ce dont ils ont besoins.

Le décret conciliaire sur le Ministère et la Vie des Prêtres se termine par une conclusion et une exhortation. Il assure que l’Esprit Saint pousse toujours l’Eglise au long du temps « à ouvrir des chemins nouveaux pour aller au-devant du monde d’aujourd’hui ; c’est lui qui suggère et encourage les adaptations qui s’imposent pour le ministère sacerdotal » (PO 22).

Pour terminer le rapide parcourt de ce décret conciliaire sur le ministère et la vie des prêtres, je vous partage un extrait du discours du pape Benoît XVI aux évêques de l’ouest de la France lors de leur visite Ad Limina Apostolorum à Rome :

 La figure du Bon Pasteur qui connaît ses brebis, part à la recherche de celle qui est perdue, et les aime jusqu’à donner sa vie pour elles, est l’une des plus suggestives de l’Évangile (cf. Jn 10). Elle s’applique en premier lieu aux Évêques dans leur sollicitude pour tous les fidèles chrétiens, mais également aux prêtres, leurs coopérateurs. La surcharge de travail qui pèse sur vos prêtres crée une obligation accrue de « veiller à leur bien, matériel d’abord, mais surtout spirituel » (Presbyterorum Ordinis, n. 7), car vous avez reçu la responsabilité de la sainteté de vos prêtres, sachant bien que, comme je vous le disais à Lourdes, « leur vie spirituelle est le fondement de leur vie apostolique » et, par suite, le garant de la fécondité de tout leur ministère. L’évêque diocésain est donc appelé à manifester une sollicitude particulière à l’égard de ses prêtres (cf. CIC, can. 384), plus particulièrement ceux qui sont d’ordination récente et ceux qui sont dans le besoin ou âgés. Je ne peux qu’encourager vos efforts pour les accueillir sans vous lasser, pour agir envers eux avec un cœur de père et de mère et les « considérer comme des fils et des amis » (Lumen Gentium, n. 28). Vous aurez à cœur de mettre à leur disposition les moyens dont ils ont besoin pour entretenir leur vie spirituelle et intellectuelle et trouver aussi le soutien de la vie fraternelle. Je salue les initiatives que vous avez prises en ce sens et qui se présentent comme un prolongement de l’Année sacerdotale, placée sous le patronage du saint Curé d’Ars. Elle a été une excellente occasion pour contribuer à développer cet aspect spirituel de la vie du prêtre. Poursuivre dans cette direction ne peut qu’être très bénéfique pour la sainteté du Peuple de Dieu tout entier. De nos jours sans doute, les ouvriers de l’Évangile sont en petit nombre. Il est donc urgent de demander au Père d’envoyer des ouvriers à sa moisson (cf. Lc 10, 2). Il faut prier et faire prier pour cette intention et je vous encourage à suivre avec la plus grande attention la formation des séminaristes.

Extrait du message du Saint-Père Benoît XVI
aux évêques des provinces du grand Ouest de la France
le vendredi 21 septembre 2012