26 juin 2011, ordinations à la Cathédrale de Metz - © Gabriel Normand

Le prêtre n’est pas un homme tout seul, assis dans sa tour d’ivoire, au milieu de sa paroisse. Il est entouré dans la hiérarchie de l’Église. La deuxième partie du chapitre sur le ministère du prêtre traite plus particulièrement de ces diverses relations.

Tout d’abord, comme je l’ai déjà dit dans un billet précédent, le prêtre est lié à son évêque. Cette relation quelque peu privilégiée va dans les deux sens. Le prêtre est un auxiliaire et un conseiller du ministère de l’évêque dans la charge des tria munera. En ce sens, et cela se comprend très bien, l’évêque ne peut pas être partout en même temps dans son diocèse. Les prêtres sont alors des collaborateurs indispensables pour la conduite du peuple de Dieu. Pour l’évêque, les prêtres sont par conséquent comme des frères et des amis. C’est à ce titre que, comme un père pour ses propres fils, il doit veiller au bien matériel et spirituel de ses prêtres. Le texte conciliaire demande même que soit créé un conseil de prêtres qui entoure l’évêque et qui ait le souci de la vie du diocèse. C’est ce que l’on appelle le Conseil des prêtres ou encore le Conseil presbytéral.

De par son ordination, le prêtre a lui aussi des devoir vis-à-vis de son évêque. Comme le dit le décret, les prêtres doivent avoir pour leur évêque un attachement sincère, dans la charité et l’obéissance (PO 7).

Pour accomplir sa mission, le prêtre n’est pas seul avec son évêque. Il est entouré de tout un collège que l’on appelle le Presbyterium (le collège des prêtres). En effet, le prêtre ne peut se passer d’unir ses forces à celles des autres prêtres sous la conduite des chefs de l’Église (les évêques) (PO 7).

Nous touchons à ce moment le deuxième versant relationnel du prêtre qui est son union fraternelle et sa coopération avec les autres prêtres de son diocèse. Être ordonné prêtre pour un diocèse c’est comme entrer dans une grande famille. Les prêtres sont en quelque sorte liés entre eux par ce que l’on appelle couramment la fraternité sacerdotale (une relation fraternelle entre les prêtres).

Le texte conciliaire met en avant une chose très intéressante dans le sens ou le fait d’être prêtre dans un diocèse ne signifie pas systématiquement être curé dans une paroisse. La fraternité sacerdotale s’exerce aussi entre les diverses charges que l’on peut confier à un prêtre : ministère paroissial ou supra-paroissial (archiprêtre ou doyen, vicaire épiscopal ou vicaire général), travail scientifique ou enseignement, travail manuel ou condition ouvrière. Il s’agit dans toutes les missions de travailler pour un seul but commun : construire le corps du Christ.

En dehors de ce que l’on peut appeler la mission pastorale, la fraternité sacerdotale s’exerce aussi dans la charité, la prière, l’amitié, la visite aux confrères malades ou âgés, les temps de loisirs, de détente, de vacances. Comme dans toute famille, il est souhaitable que l’aîné sache écouter et accompagner les plus jeunes mais l’inverse est toute aussi vrai car dans les « anciens », les jeunes prêtres peuvent trouver des hommes d’expériences.

La fraternité entre prêtres est un élément essentiel pour éviter l’isolement, le découragement. Le concile encourage les prêtres à partager des moments d’amitié et de soutien. Cela se traduit concrètement par le partage de la table, des réunions ou rencontres fraternelles. Un autre moyen est encore de se retrouver dans ce que l’on appelle des associations sacerdotales. Ces associations proposent une manière de vivre selon une spiritualité et une figure de prêtre particulière. Tout ces moyens sont donnés aux prêtres pour rendre leurs ministères de plus en plus féconds et pour pouvoir vivre chaque jour dans une union plus intime avec Dieu, leurs frères prêtres et tous les fidèles laïcs qui leurs sont confiés.

Cependant, si le prêtre est en relation privilégiée avec son évêque et les autres prêtres de son diocèse, ce n’est pas principalement pour eux qu’il existe. La mission première du prêtre est d’être avec la portion du peuple de Dieu qui lui est confiée par l’évêque. Dans ce sens, le prêtre se doit d’être parmi les fidèles laïcs qui composent sa paroisse.

Si le prêtre, de par son baptême, est un frère parmi les frères, il est aussi le père et le docteur de la communauté de par son ordination sacerdotale. En effet, par le sacrement de l’Ordre, le prêtre devient disciple du Christ et berger du troupeau. Comme guide de la communauté, il ne doit par rechercher son propre intérêt mais avant tout être au service de l’Église du Christ et faire progresser le Royaume de Dieu ; c’est-à-dire, témoigner de l’amour de Dieu pour les hommes et faire venir les hommes à Dieu.

Dans sa relation avec les fidèles laïcs, le prêtre doit se conduire avec eux à la manière du maître mais aussi du frère. Dans ce sens, il doit être à l’écoute de chacun, tenir compte de leurs désirs, reconnaître leur expérience et leur compétence dans les divers domaines de l’activité humaine (PO 9).

Dans sa charge de pasteur, le prêtre aura à cœur de veiller à la croissance spirituelle des fidèles. Il lui faudra leur confier des missions particulières car dans la situation de l’Église d’aujourd’hui, il ne lui est plus possible de tout faire. Le fidèle laïc, de par son baptême, est appelé à prendre une part active dans la croissance de la communauté dont il est membre, et cela passe par un engagement concret au service des frères.

Il s’agira alors pour le pasteur du troupeau, de conduire tous les fidèles laïcs comme le soulignent les Pères Conciliaires, à une unité dans l’amour, « s’aimant les uns les autres d’un amour fraternel, rivalisant d’égards entre eux » (Rm. 12, 10).

Bien plus que d’être simplement le pasteur du troupeau à la suite du Christ, le prêtre devra s’acquitter encore d’autres missions. En effet, il sera aussi le guide et le berger de tous ceux qui ont abandonnés la pratique des sacrements, voir même la foi tout simplement. Il aura à cœur de faire revenir au bercail toutes les brebis égarées. Il lui faudra avoir une attention toute particulière aux frères séparés et à favoriser un œcuménisme bien vécu. En dernier lieu, il ne devra pas omettre un vrai esprit missionnaire en annonçant le Christ- sauveur à tous ceux qui ne connaissent pas encore Dieu.

Comme dans toutes les relations (Prêtre à Évêque ou Prêtre à Prêtre), le lien entre le prêtre et les fidèles laïcs va aussi dans les deux sens. Les membres des communautés chrétiennes ont le devoir de soutenir leurs pasteurs en les entourant d’un amour filial, de partager leurs soucis et de les aider par leurs prières et leurs actions concrètes dans la vie de tous les jours.