Le père Raymond Pichard op, le 24 décembre 1948, lors de la première messe télédiffusée en France. © Copyright Le jour du Seigneur

Le Concile a parlé de communication, et des divers moyens de communication. Il a même consacré un décret complet à leur étude. Cependant, il faut bien se rendre à l’évidence : en 1963, lors de la deuxième session du Concile, la réflexion n’était pas encore aboutie dans le domaine des moyens de communication.

Les pères du Concile ont donc tracé des lignes directrices, en appelant à une réflexion plus approfondie et à la parution, après le Concile, d’un document plus complet sur le sujet. Ce choix est un acte fort, car en 1962-1963, les changements techniques commençaient à prendre plus d’ampleur, avec l’arrivée de la télévision notamment, et l’Eglise se devait de donner son avis sur ces innovations et ces moyens, sur l’accompagnement qu’elle pouvait fournir à ceux qui utilisaient ou produisaient des contenus pour ces médias.

Devant la nouveauté, le Concile a donc invité la commission pontificale pour les moyens de communications sociales à travailler sereinement, et à produire un texte qui serve de guide, sans tomber dans une simple critique ou apologie des moyens de communication de l’époque.

Plutôt que de vous faire un résumé rapide et trop peu complet de ce que dit Vatican II dans ce document (il y a d’autres passages sur la communication dans les différents textes, mais nous y reviendrons dans un billet ultérieur), je vous propose de découvrir ci-dessous quelques extraits du très bref décret sur les moyens de communication sociale, Inter Mirifica.

1. Le sens d’une expression

Parmi les merveilleuses découvertes techniques qu’avec l’aide de Dieu, le génie de l’homme a tirées de la création, à notre époque surtout, l’Église accueille et suit avec une sollicitude toute maternelle celles qui, plus directement, touchent les facultés spirituelles de l’homme et offrent des possibilités élargies de communiquer très facilement des nouvelles de tout genre, des idées, des orientations. Or, parmi ces découvertes, il faut assigner une place singulière aux moyens qui, de par leur nature, sont aptes à atteindre et à influencer non seulement les individus, mais encore les masses comme telles, et jusqu’à l’humanité tout entière. Tel est le cas de la presse, du cinéma, de la radio, de la télévision et d’autres techniques de même nature. Aussi bien peut-on les appeler à juste titre : moyens de communication sociale.

3. Tâches de l’Église

L’Église a été fondée par le Christ Notre-Seigneur pour apporter le salut à tous les hommes ; elle se sent donc poussée par l’obligation de prêcher l’Évangile. Aussi bien l’Église catholique estime-t-elle qu’il est de son devoir, d’une part, d’employer aussi les instruments de communication sociale pour annoncer le message du salut et, d’autre part, d’enseigner aux hommes le bon usage de ces moyens.

13. Action des pasteurs et des fidèles

Tous les membres de l’Église uniront volontiers leurs efforts concertés, afin de mettre efficacement, sans aucun retard et avec le plus grand zèle, les moyens de communication au service des multiples œuvres d’apostolat, compte tenu des exigences particulières de temps et de lieux. Ils auront à cœur de prévenir les initiatives mauvaises, surtout là où l’évolution morale et religieuse réclame leur intervention de manière plus urgente.

23. L’instruction pastorale

Afin que les principes et les règles du Concile sur les moyens de communication sociale soient tous appliqués, la commission du Saint-Siège dont il est question au paragraphe 19 publiera sur mandat spécial du Concile une instruction pastorale. La commission se fera aider par des experts de différents pays.

24. Exhortation finale

Du reste, le Concile a confiance que les enfants de l’Église accueilleront de bon cœur et observeront fidèlement les principes et règles contenus dans le présent décret. Ainsi, quand ils utiliseront ces moyens, ils n’en subiront pas de dommages ; mais tout au contraire, tels le sel et la lumière, ils donneront saveur à la terre et éclaireront le monde. 

L’Instruction Pastorale dont il s’agit au numéro 23 du décret est le texte « Communio et Progressio », qui a été produit et publié en 1971 par la Commission pontificale des moyens de communication sociale. Le titre de cette instruction pastorale annonce clairement que c’est par un « mandat spécial du concile œcuménique Vatican II » que ce texte a vu le jour. On pourrait donc dire que c’est un fruit direct du Concile !

Cette commission est ensuite devenue le Conseil pontifical pour les communications sociales, dont l’actuel président est Mgr Claudio Maria Celli. Le qualificatif « social » vient de l’italien, où il n’existe pas de terme pour définir les médias de masse (mass-media). On ajoute donc social au terme communication pour le différencier de la communication interpersonnelle par exemple.