« Il faut désormais poser cette question sans tabou : pourquoi revisiter Vatican II ? » (p. 409) Voilà première phrase de l’éditorial qui ouvre le numéro 2489 de la Documentation Catholique. Ce fascicule fait suite à la rencontre organisée par les évêques de France à Lourdes, les 23 et 24 mars 2012.

Comme tous les numéros de La Documentation Catholique, vous trouverez les actes du pape et du Saint-Siège, avec par exemple, le message de Benoît XVI pour la 27ème Journée Mondiale de la Jeunesse, ainsi que sles rubriques habituelels de la revue.

Mais le plus gros de la revue reste le dossier consacré à la rencontre à Lourdes pour la préparation du cinquantième anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II. Et la question mise en exergue de la revue prend alors tout son sens. A propos de ce rassemblement, on trouve ces mots si justes dans l’introduction au dossier :

l’enjeu était immense : découvrir ce qui a été reçu et qui reste à transmettre (…) On n’en finirait guère d’énumérer tous les acquis d’une vision d’Eglise, peut-être portée par un souffle prophétique plus grand qu’aujourd’hui. Sans aucun doute, le Concile a conduit à des transformations majeures. (p. 423)

Au sommaire de ce dossier de 25 pages (donc bref), le texte du message vidéo de Benoît XVI, le témoignage du cardinal Roger Etechegaray, la conférence de Mgr Claude Dagens, le message du Patriarche Bartholomée Ier, le discours du pasteur Claude Baty et le texte du père Gilles Routhier. Rien que du lourd en somme !

L’intuition du rassemblement, selon les mots de Mgr Laurent Ulrich, qui présentait cette rencontre, était « de revenir à la source, sans nostalgie, pour retrouver l’énergie, se remettre devant les textes, les considérer cinquante ans plus tard, voir ce qu’ils ont permis ».

Le message de Benoît XVI met en avant l’ « authentique signe de Dieu pour notre temps » qu’est le concile ! Et c’est en cela qu’il est appelé à être  « l’occasion du renouveau spirituel et pastoral » pour l’Eglise de France. Le pape y présente rapidement sa conception d’une herméneutique de la réforme, c’est à dire sa vision du concile comme « renouveau, qui se situe dans la continuité », tout en insistant sur la personne du Christ que les chrétiens sont invités à toujours plus connaître.

C’est d’ailleurs le Christ, la « lumière du monde », qui est au cœur de la conférence de Mgr Dagens. « L’Eglise ne se renouvelle qu’à partir de sa Source, et sa Source, c’est le Christ », disait l’évêque d’Angoulême lors de cette conférence. Dans une première partie, il présente la place prééminente donnée au Christ par les pères conciliaires et par les papes, de Jean XXIII à Benoît XVI. L’Eglise dont la parle la constitution Lumen Gentium n’existe que parce qu’elle est reliée au Christ, qui la fait vivre. Dans une seconde partie, Mgr Dagens insiste sur la place centrale du Christ dans les textes du concile : « toute la réflexion théologique du Concile s’est développée entre ces deux pôles essentiels : celui de la Révélation divine et celui de la dignité humaine, à partir du mystère du Christ, “lumière du monde” et Sauveur des hommes ». C’est d’ailleurs ce même Christ qui doit rayonner à travers la vie des chrétiens, comme l’explique dans une dernière partie l’évêque d’Angoulême ! Il cite fort à propos le père de Lubac : « il faut que par nous, Jésus-Christ continue d’être annoncé, qu’à travers nous, il continue de transparaître. C’est là plus qu’une obligation. C’est une nécessité organique ».

Il faudrait aussi, pour être complet sur ce dossier, mentionner le témoignage plein d’allant et d’espérance du cardinal Etechegaray, les visions positives sur cet événement du patriarche Bartholomée Ier et du pasteur Claude Baty, qui repèrent particulièrement l’ouverture œcuménique du concile. On trouve également, dans ce dossier, un texte du père Routhier sur la mise en œuvre du concile à l’heure actuelle. Ce long texte est un ajout par rapport à la rencontre de Lourdes, mais il offre au lecteur de nouvelles pistes de réflexion et d’engagement. Pétri par des citations du père Congar, cette réflexion sur le concile Vatican II qui est toujours à mettre en œuvre trouve par conséquent fort bien sa place dans ce dossier. En effet, comme le cite l’auteur dans sa conclusion, dès 1985, les évêques canadiens écrivaient : « la réception du Concile est un travail de longue haleine dont on perçoit mieux aujourd’hui toutes les exigences ».

Alors, comme l’interrogeait l’éditorial de la revue, « pourquoi revisiter Vatican II ? ». Laissons Mgr Dagens répondre, dans la conclusion de son intervention :

Cinquante ans après la célébration du concile Vatican II, c’est l’heure de reconnaître que les épreuves que nous connaissons, en raison de l’affaiblissement des institutions catholiques et des causes multiples d’inquiétudes pour l’avenir, nous obligent à aller résolument et plus radicalement à la source, c’est-à-dire à découvrir la nouveauté du Christ, à nous laisser saisir par sa présence, à participer à sa Pâques, à vivre de l’intérieur son mystère. Et il faut attester que ce renouvellement radical, nous le pratiquons et que notre rassemblement à Lourdes en est le signe. (p. 433)

J’oserai juste compléter en disant que votre présence sur ce blog l’atteste également !


« Joie et espérance à Lourdes« , dossier 50° anniversaire du concile Vatican II, La Documentation Catholique, n 2489, 5 mai 2012, 5 €. Tout au long des 25 pages du dossier, des repères bibliographiques ou des suggestions de lectures sont données. Des livres « Prier 15 jours avec le concile Vatican II » et « Prier 15 jours avec Yves Congar » au site de la Conférence des évêques de France en passant par des articles de la DC (la Documentation Catholique), vous ne pourrez qu’y trouver votre bonheur.