Jean XXIII, le pape qui a ouvert le concile Vatican II, nous est raconté par Giorgio Capitani au long d’un film de 3 h, découpé en deux parties. Il s’agit d’un film italien produit par la RAI, la télévision italienne, et que la société SAJE Prod diffuse en France, autour du cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile.

Le film commence à Venise, en 1958, avec l’annonce de la mort du pape Pie XII. Dès sa première apparition à l’écran, le patriarche de Venise, Angelo Roncalli, donne une image malicieuse de lui-même : il est en train d’essayer son cercueil quand son secrétaire, qui l’a cherché dans toute la ville, lui annonce la triste nouvelle. De cet homme à la silhouette  rondelette se dégage une image de simplicité, que le reste du film va largement corroborer. Le départ de Venise pour Rome est l’occasion d’un premier flash-back, où l’on découvre le petit « Angelino », dans sa campagne  C’est là qu’on entend son curé lui dire, pour la première fois, une phrase que le futur Jean XXIII répètera de nombreuses fois au cours du film : « Je ne suis qu’un pauvre curé de campagne ».

Au cours du conclave, largement romancé pour permettre à la personnalité du futur pape d’être entrevue (toujours par l’entremise de flash-backs), on découvre un homme simple, vrai, franc, et surtout, un pasteur qui comprend la nature humaine, qui est capable aussi de s’engager aussi au service des plus petits.  La rencontre de différentes figures marquantes (le curé de son village, son évêque dont il était secrétaire,…) forgera l’homme qui montera sur le trône de Pierre. Et là encore, on entendra, tant dans sa bouche que dans celle des membres de la curie romaine qui ont une autre vision de l’Eglise que lui (je ne parle pas de détracteurs à dessein), cette phrase : « Je ne suis qu’un pauvre curé de campagne ».

Il y a aussi, bien entendu, l’idée d’ouvrir le second concile œcuménique du Vatican qui est abordée. Cet « aggiornamento », traduit par « mise à jour », est mis en lumière tant sur le fond, avec les intuitions de Jean XXIII, que sur la forme, avec les problèmes posés par sa préparation…

Au final, on a un film largement hagiographique, qui propose de Jean XXIII l’image d’un homme constamment à la recherche de la paix, même s’il ne transige pas sur la Vérité. Le Concile, qu’il lancera (c’est le second DVD qui présente son activité comme pape) montre son activité dans ce domaine. Sur le fond, le portrait est convainquant, et semble juste. Il est parfois cependant desservi par une mise en scène idéalisée et trop romantique. Pour conclure, je dirai que s’il y a une figure qui résume bien le pape Jean présenté dans ce film, c’est celle de Don Camillo. L’humour, la force de la prière, la conviction d’agir pour le bien de l’Eglise et des hommes, voilà autant de points communs entre ces deux prêtres du nord de l’Italie !

PS : à noter la séquence où Claude Rich, qui campe le cardinal Ottaviani, au moment du conclave, lance de manière péremptoire : « L’important c’est de bloquer les français« , avant d’ajouter « Montini ne sera jamais pape, ni maintenant ni jamais…« . Et le film est constellé de ces petites phrases qui font sourire.

 


« Le Bon pape Jean XXIII, le pape du peuple », un film de Giorgio Capitani, avec Edward Asner et Claude Rich. 2 DVD, 3 h (en 2 parties de 90 minutes), SAJE Prod 2011, 22,80 € sur le site internet de la librairie de l’Emmanuel. A noter la musique de Mgr Marco Frisina, le compositeur du célèbre « Jesus Christ, you are my life »