Photo extraite des ordinations diaconales à Notre Dame de Paris, le 15 janvier 2012

Comment trouver les « semences du Verbe »….

C’est le 18 novembre 1965, lors de la quatrième session, qu’a été approuvée à 2344 voix contre 6, cette constitution dogmatique.

Dans un article précédent nous avions pris le temps de lire attentivement le chapitre 1 de cette constitution qui a permis de mettre en perspective le concept de « Révélation ». Le génie de cette constitution dogmatique aura été de présenter et de faire œuvre transversale avec la vie spirituelle, la vie intellectuelle et la vie pastorale de l’Eglise.

Le chapitre un nous présente la « Révélation » comme un cheminement spirituel, rendant présent le désir de Dieu de converser avec nous, et nous conduisant à une personne, Jésus-Christ ! Ce dernier est vraiment la « clef de voûte » !

Ce même chapitre mettait déjà en lien la difficulté du rapport entre la Révélation, et la raison. Bien que la constitution nous montre que pour accueillir la Révélation, il convient d’avoir une intelligence éclairée, et de poser un acte de foi ! C’est dans l’intelligence et dans la foi que l’on devient capable de comprendre et d’accueillir la Révélation de Dieu qui nous précède !

Attardons-nous maintenant au chapitre deux de cette constitution. Il est permis de penser que ce chapitre va tenter de répondre à cette question :

Où se trouve donc caché le contenu la Révélation de Dieu ?

Ce qui est d’ailleurs la finalité de toute vie spirituelle qui est en quête de Dieu.

En cherchant l’endroit où se trouve contenue la Révélation, la tentation serait grande de lui conférer un lieu géographique précis. Or la constitution dogmatique expose d’emblée l’idée que l’endroit où se trouve la Révélation est dans une dynamique, dans un échange, dans « la transmission » !

La « transmission » est ici comprise comme l’envoi en mission pour « prêcher » ! La Constitution, au  numéro sept, insiste bien sur le fait que Jésus a « annoncé » l’Evangile par sa bouche et par sa prédication, mais qu’il « l’a accompli » par ses actes ! Ainsi les apôtres devront transmettre ce « contenu » du Maître, à la fois « annoncé » et « accompli » ! La Révélation est contenue par l’acte même de transmettre ! Ce fondement est en parfaite adéquation avec l’enseignement de saint Paul, qui disait : « Malheur à moi, si je n’annonce pas l’Evangile ! ».

On peut alors comprendre pourquoi l’empressement de Benoît XVI a proposer un synode sur la « nouvelle évangélisation », car en premier lieu l’Eglise doit ANNONCER, doit TRANSMETTRE ! C’est la nature même de la REVELATION que d’être TRANSMISE ! Que d’être RELATION entre des personnes, et avec Dieu ! Ici la Révélation n’est pas perçue comme une « imposition », comme si Dieu nous coupait la parole, et nous empêchait de penser ! Au contraire elle doit susciter l’échange et la parole entre les personnes !

Il est très important de rappeler cela, car même si nous avons et nous devons avoir du respect pour ce qui est « mis par écrit » et que l’on appelle « Nouveau Testament », il n’empêche que la prédication des apôtres précède la rédaction !

Qu’est-ce que la « Tradition » ?

Nous voyons alors que l’endroit où est contenu la Révélation est en fait multiple!

La Révélation pourrait alors être comparée avec la parabole du Semeur ! Elle est comparable à plusieurs graines qui sont disséminées dans plusieurs endroits.

Cette diversité des lieux où l’on peut la trouver provient justement du fait précédemment évoqué : TRANSMETTRE ce qui a été ANNONCE, mais également ce qui a été ACCOMPLI par les actes du Seigneur !

Le numéro huit de ce même chapitre évoque et définit le concept de « TRADITION ». La tradition est bien perçue comme cette dynamique de TRANSMISSION. C’est cette dynamique de transmission qui fonde et rend légitime la succession apostolique que représentent les évêques. Ces derniers sont des successeurs officiels des apôtres. Ce sont eux qui ont la charge et la responsabilité de transmettre. L’Eglise peut se dire APOSTOLIQUE parce qu’elle TRANSMET ce qu’Elle reçoit, sous la responsabilité des évêques.

Mais cette transmission est double, car on voit bien qu’il y a une dimension verbale, d’enseignement. Mais également « une manière de vivre », « une manière de faire ». Mais attention, une nuance capitale est ici nécessaire : la TRADITION est ce qui nous vient DES APÔTRES ! Il est écrit :

Les Apôtres, transmettant donc ce qu’ils ont eux-mêmes reçu, exhortent les fidèles à garder fermement les traditions qu’ils ont apprises soit de vive voix soit par écrit.

Ici est bien évoquée la question de l’enseignement et de la prédication des apôtres afin d’être conforme à l’enseignement de Jésus. Cette prédication apostolique qui fût d’abord orale, puis mise par écrit dans un second temps. Ici, est évoquée la question du « contenu » de la Révélation.

Par contre, la Constitution se poursuit ainsi :

Quant à la Tradition reçue des Apôtres, elle comprend tout ce qui contribue à conduire saintement la vie du peuple de Dieu et à en augmenter la foi.

Nous voyons ici, que ce que l’on appelle TRADITION est un contenu polymorphe, qui regroupe une manière de faire. Ici la TRADITION est le moyen qui est donné à l’Eglise pour accomplir sa mission pastorale, pour GUIDER le Peuple de Dieu ! L’Eglise a alors cette double mission : TRANSMETTRE pour GUIDER ! On ne transmet pas simplement un contenu intellectuel, mais on transmet pour VIVRE ce qui est contenu dans l’Evangile !

Pourquoi l’Eglise est-elle « apostolique »?

Il est d’une importance capitale de saisir que la TRADITION est l’héritage direct des apôtres ! L’Eglise est APOSTOLIQUE à cause de ce lien intrinsèque avec la Tradition reçue des Apôtres ! C’est en transmettant fidèlement la Tradition reçue des apôtres, qu’avec nos évêques respectifs nous manifestons que nous sommes une Eglise apostolique.

On peut noter également que cette double perception de la Tradition permet à l’Eglise d’accomplir sa triple mission d’enseigner, de gouverner et de sanctifier! On enseigne par la prédication, on guide pour vivre saintement ce qui a été enseigné ! En sommes, cet approfondissement du concept de TRADITION, permet à l’Eglise et aux croyants d’être chaque jour davantage les DISCIPLES du CHRIST à l’école des apôtres qui ont été les premiers témoins ! On transmet fidèlement ce que Lui-même a confié aux apôtres, et on essaye de le vivre en vérité pour en être, à notre tour, les témoins.

Qu’est-ce que la Tradition « vivante » de l’Eglise ?

Ce même numéro huit, nous permet de faire un pas de plus, car il expose ce que l’on entend par « TRADITION VIVANTE ». Il est évident que l’enjeu dans le concept de « Tradition » c’est la notion de fidélité, mais une fidélité dynamique. Car en voulant transmettre ce que l’on a reçu, il convient de le faire dans une fidélité totale, c’est-à-dire, ne rien pervertir. On rejoint l’intuition de Jean XXIII qui au moment de l’ouverture du Concile, le 11 octobre 1962, a bien dit que rien ne sera ôté, ni même ajouté. Le Concile devra TRANSMETTRE dans le monde ce temps, ce que l’Eglise a reçu de son Seigneur, mais également ce tout qu’Elle a découvert au long des siècles ! On peut constater aujourd’hui une défaillance interprétative de la notion de « fidélité », répandue dans les milieux traditionnalistes, qui ne voient dans cette dernière, que la notion « d’immuabilité ». Pour faire court, si on veut être parfaitement fidèle, on ne touche à rien, on fait comme toujours, sinon on trahit ! Or, la Constitution évoque l’idée de « PROGRESSION » de la Tradition. En fait, il s’agit de ne pas simplement reproduire ce que l’on a reçu, mais d’en faire progresser l’intelligence. Et la progression de l’intelligence pourra modifier la manifestation visible de la Tradition. La Tradition est VIVANTE parce qu’elle PROGRESSE dans l’unité avec ce qui a été reçu!

Et ce numéro huit, donnera tous les lieux où la Tradition peut progresser. Il dit :

Cette Tradition qui vient des Apôtres progresse dans l’Église, sous l’assistance du Saint-Esprit ; en effet, la perception des réalités aussi bien que des paroles transmises s’accroît, soit par la contemplation et l’étude des croyants qui les méditent en leur cœur (cf. Lc 2, 19.51), soit par l’intelligence intérieure qu’ils éprouvent des réalités spirituelles, soit par la prédication de ceux qui, avec la succession épiscopale, ont reçu un charisme certain de vérité.

L’idée de progression est ici perçue en terme « d’ACCROISSEMENT » des réalités qui nous dépassent… Or ces « réalités » ne sont autre chose que les « semences » de la Révélation. Ici la TRADITION des apôtres est bien un des lieux qui CONTIENT la REVELATION ! La Tradition contient la REVELATION, qui elle-seule est immuable. Mais la TRADITION est VIVANTE, parce qu’elle PROGRESSE EN INTELLIGENCE, et comprend encore davantage le mystère immuable qu’elle contient et qu’elle porte en elle depuis le début. Il en découle alors que la mission de l’Eglise de TRANSMETTRE ce qu’Elle a reçu, doit concourir à cet ACCROISSEMENT de la Tradition ! L’acte de transmission peut alors être comparé à un acte d’illumination de l’intelligence et des vérités révélées, qui sont cachées dans la Tradition de l’Eglise reçue des apôtres.

Mais les moyens possibles de vivre cette illumination sont eux aussi pluriels : La citation montre que l’on peut progresser par la contemplation (la prière), par l’étude intelligible (fruit de notre raison), l’illumination directe (fruit de Dieu par la prière et par gratuité de ce dernier), par l’écoute de l’enseignement des successeurs des apôtres que sont les évêques. Le génie de cette constitution réside dans le fait qu’elle présente la Tradition vivante comme une « progression » à la fois spirituelle et intellectuelle, à la fois par la prière et l’exercice de la raison. Vie spirituelle et vie intellectuelle sont ainsi réunies dans une même démarche : celle d’approfondir le mystère contenu de la Révélation contenu dans la Tradition reçue des apôtres.

Ainsi la PROGRESSION de la TRADITION VIVANTE se fera PAR l’EGLISE entière et la diversité de ses membres : à la fois ses ministres légitimes (évêques prêtres et diacres) mais aussi par ses fidèles.

C’est ce numéro huit, qui nous permet de comprendre ce que le pape Benoît XVI dit d’un développement organique et continu de la Tradition dans l’Eglise. On ne peut avoir de « rupture », car s’il y a rupture, la dynamique de transmission est coupée. On transmet en « développement organique», c’est-à-dire, que l’on comprend de mieux en mieux, le mystère que porte l’Eglise : un trésor dans une poterie sans valeur !

Il y a bien deux « jaillissements » pour l’unique source de la Révélation de Dieu!

Le numéro neuf de ce même chapitre de la Constitution représente, à mon sens, le nœud théologique, le plus complexe, mais en même temps le plus fort !

Ce numéro réaffirme la doctrine catholique en ce qui concerne les « lieux » où se cachent l’unique Révélation : Ils sont deux ! A la fois DANS la Tradition reçue des apôtres, et DANS la Sainte Ecriture. Ce numéro redit ce qu’avait déjà affirmé le Concile de Trente face à la vision protestante, qui elle affirme l’Ecriture Sainte comme la seule et unique source de la Révélation. La constitution est on ne peut plus claire lorsqu’elle dit :

La sainte Tradition et la Sainte Écriture sont donc reliées et communiquent étroitement entre elles. Car toutes deux, jaillissant de la même source divine, ne forment pour ainsi dire qu’un tout et tendent à une même fin… Il en résulte que l’Église ne tire pas de la seule Écriture Sainte sa certitude sur tous les points de la Révélation. C’est pourquoi l’une et l’autre doivent être reçues et vénérées avec un égal sentiment d’amour et de respect.

Peut-on être plus clair quant à la catholicité de la doctrine ! Ce numéro atteste bien et vient contrecarrer le mensonge de certaines mouvances traditionalistes qui prétendent que le Vatican II est un concile hérétique !

Cette position théologique de la double « manifestation« , double « jaillissement » de la Révélation, à la fois dans la Tradition reçue des apôtres, et dans la Sainte Ecriture vient réaffirmer un positionnement précis sur un problème grave qui, depuis près d’un siècle perdurait. Il s’agit de ce que l’on appelle la « crise moderniste », que saint Pie X condamna, et de la grave tension entre l’Ecriture et la Tradition. Ce fût en fait un problème lié à l’évolution de l’exégèse moderne, qui justement, depuis la « crise moderniste » voulait s’affranchir de toute visée théologique. La « crise moderniste » visait à séparer ce qui relève de la Tradition et de la Sainte Ecriture, pour ne se concentrer qu’exclusivement sur cette dernière, jugeant que la Tradition et l’Eglise ont été des obstacles pour accéder à l’intelligence des Ecritures, et à Jésus lui-même. D’un point de vue historique, lorsqu’en plein XIXème siècle un ultramontanisme régnait visant, à surdéterminer l’autorité du pape en matière de doctrine, et surtout négligeant les sciences bibliques (vers une interprétation de type fondamentaliste), face à la suprématie de la théologie. LOISY voulait comme revenir aux sources bibliques. Son intuition était bonne car on en peut nier la suprématie du Magistère de l’Eglise, par rapport à sa source biblique. Mais LOISY a eu cette faille méthodologique qui a été d’oublier la chronologie ! Il ne voulait accéder qu’à l’Ecriture, sans la Tradition. Or il a oublié, comme pour les protestants d’ailleurs, que la Tradition vivante reçue des apôtres précède la rédaction du Nouveau Testament ! La Tradition est apparue avant la Sainte Ecriture ! Et c’est au cœur même de la Tradition que sont nés les textes du Nouveau Testament !

Pour comprendre cela, faisons une analogie biblique : Moïse va sur la montagne et reçoit la Table de la Loi, où Dieu lui-même inscrivit ces commandements. Puis Moïse va transmettre ce que Dieu lui-même a mis par écrit. Pour ce cas, l’Ecriture précède la transmission et par la même occasion toutes traditions humaines ! Or, Jésus est considéré comme le Nouveau Moïse, scellant une Nouvelle Alliance avec un commandement Nouveau. Mais Jésus n’a jamais rien mis par écrit. Il est d’ailleurs parti sans laisser de traces ! Il n’a jamais donné aux apôtres son Evangile sous forme de tablettes, de rouleau ou de livres! Jésus envoie ses apôtres d’abord pour ANNONCER ! Les apôtres vont ANNONCER, et TRANSMETTRE ce qu’ils ont ENTENDU des paroles des Jésus, ce qu’ils ont VU de ses gestes qui attestent l’accomplissement de ses paroles et de l’Ancien Testament, et tout cela pour affermir la foi des nouveaux croyants. Or cet acte de transmission n’est autre que la Tradition reçue des apôtres. C’est au cœur de l’acte de transmission que l’on va ensuite « mettre par écrit » dans un second temps les Evangiles. C’est par la médiation des apôtres et des évangélistes que l’on peut connaitre Jésus !  Cette analogie distinctive entre Moïse et Jésus permet de saisir l’importance théologique de considérer comme double la « manifestation« , le « jaillissement » de la REVELATION : à la fois dans la Tradition reçue des apôtres, et dans la Sainte Ecriture. D’ailleurs il convient de noter, que lorsque la constitution évoque ce binôme, elle nomme toujours la Tradition en premier et la Sainte Ecriture vient après.

Conclusions ?

Le numéro dix peut servir de péroraison à ce niveau du commentaire. Il y est écrit :

La sainte Tradition et la Sainte Écriture constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu, confié à l’Église ; en s’attachant à lui, le peuple saint tout entier uni à ses pasteurs reste assidûment fidèle à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières (cf. Ac 2, 42 grec), si bien que, pour le maintien, la pratique et la profession de la foi transmise, s’établit, entre pasteurs et fidèles, un remarquable accord

Nous voyons ici apparaitre une distinction fondamentale dans le vocabulaire : les Saintes Ecritures sont le livre que nous lisons lors des célébrations, que nous pouvons avoir à la maison. Par contre la « Parole de Dieu » est le contenu même de la Révélation, qui ne se réduit pas au livre. La « Parole de Dieu » est de l’ordre du mystère de la foi que nous sommes invités à reconnaître au-delà de la médiation de l’Ecriture. La progression liturgique de la proclamation de l’Evangile en est un bel exemple. Nous lions un texte : l’Evangile selon un des évangélistes. Et après la lecture proclamée nous sommes invités à y reconnaitre dans la foi, au-delà des mots, la « Parole », le « Verbe » même de Jésus.

Nous pouvons dire que cette constitution, comme le souhaitait Jean XXIII pour le Concile, fait œuvre de « réaffirmation doctrinale » : le dépôt de la foi catholique repose bien, à la fois au sein de la Tradition reçue des apôtres et de la Sainte Ecriture ! En constatant avec le psalmiste «…Vraiment tu es un Dieu qui se cache, Dieu d’Israël sauveur… » ; L’Eglise, si elle veut chercher et entendre la « Parole de Dieu », c’est-à-dire le contenu de la REVELATION, devra alors chercher dans deux « lieux » aussi importants ! Il n’y pas que l’Ecriture pour accéder à la Parole de Dieu. La Parole de Dieu est tout autant accessible par la médiation de la vie ecclésiale !

Le lien avec ce « dépôt de la foi » ainsi défini est capital, car c’est lui qui va permettre d’authentifier notre appartenance à l’Eglise. Nous serons authentiques dans la mesure où nous serons fidèles. C’est ce dépôt de la Foi qui est garant de « fidélité ». Une fidélité envers le Christ par la médiation de l’enseignement des apôtres que nous transmettons. Une fidélité d’intelligence mais en même temps de cœur et de charité! Une fidélité dans les sacrements et dans la liturgie ! Cette fidélité sera authentique dans la mesure où nous progresserons dans l’intelligence de ce que nous avons reçu, et que nous vivrons ce que nous avons compris !

C’est tout le mystère de la vie du diacre qui se trouve dans ces numéros, car en lui remettant l’évangéliaire au moment de son ordination, l’évêque dit «Recevez l’Évangile du Christ, que vous avez la mission d’annoncer. Soyez attentifs à croire à la Parole que vous lirez, à enseigner ce que vous avez cru, à vivre ce que vous avez enseigné.»… Tout est dit du mystère de la Révélation contenu dans la Tradition vivante reçue des apôtres et dans les Saintes Ecritures !

Nous pouvons également dire que cette constitution, comme le souhaitait Jean XXIII pour le Concile, proposera de « sages ordonnancements » puisqu’elle fait en même temps œuvre d’une réconciliation prodigieuse ! En effet la réaffirmation doctrinale a su redire que la Tradition est bien « Epiphanie » de la Révélation. Mais en même temps, la constitution remet à l’honneur les Saintes Ecritures qui étaient, il faut bien l’avouer, bien négligées dans la vie de l’Eglise. Les saintes Ecritures sont également « Epiphanie » de l’unique Révélation! Dans les chapitres suivants, la Constitution va approuver et encourager, dans la suite de Pie XII, les recherches de l’exégèse moderne, mais dans un plus juste équilibrage théologique avec la Tradition.