Je dédie cet article à tous ceux qui font partis de l’ordre des diacres…

Qu’ils soient diacres permanents ou bien en vue du sacerdoce !

En préparant l’article de la semaine passée, demandé par une lectrice qui se posait la question de savoir s’il y allait avoir une suite à la présentation de DEI VERBUM, je me suis rendu compte d’une chose extraordinaire !

Savez-vous qu’il y a un lien étroit entre la Constitution dogmatique DEI VERBUM et la théologie du diaconat ?

Je dirai que c’est avant tout un lien « symbolique », un signe merveilleux que la liturgie déploie de manière somptueuse lors de la Vigile pascale. Mais un signe qui à lui seul, peut rendre compte de toute la théologie de DEI VERBUM dans ses 2 premiers chapitres !

Depuis 1955, date à laquelle Pie XII rénova la Semaine Sainte par une réforme liturgique : c’est la VIGILE PASCALE qui fût mise en exergue. La constitution dogmatique SACRO SANCTUM CONCILIUM de 1963 alla dans ce même sens. C’est le n°6 de cette même constitution qui rappelle avec force cet élément essentiel: « …C’est pourquoi, de même que le Christ fut envoyé par le Père, ainsi lui-même envoya ses apôtres, remplis de l’Esprit Saint, non seulement pour que PRECHANT l’Evangile à toute créature, ils ANNONCENT que le Fils de Dieu, par sa mort et sa résurrection, nous a délivré du pouvoir de Satan… Mais aussi afin qu’ils EXERCENT cette œuvre de Salut qu’ils annonçaient… Jamais dans la suite, l’Eglise n’omit de se réunir pour célébrer LE MYSTERE PASCAL

Ce numéro nous donne finalement une définition assez juste de ce « concept théologique » du XXème siècle, apparu chez l’oratorien Louis BOUYER en 1957 : « le mystère pascal ». Il est assez facile de voir le « courant de pensée » qui traverse ainsi l’histoire avant le Concile, car BOUYER écrivit alors un livre exprimant une réflexion portant le même non que le concept, et cela dans l’élan de la réforme liturgique de Pie XII.

Nous voyons bien en fait que le mystère pascal, appliqué à la liturgie, est une triple DYNAMIQUE : on prêche, on annonce, on exerce ! On « prêche » l’Evangile. On « annonce » le mystère de la foi, à savoir la mort et la Résurrection du Christ. On « exerce » par la pratique sacramentaire, qui actualise pour nous ce si grand mystère. Rien n’est plus dynamique que le « mystère pascal » !

Face à cela, la célébration de la VIGILE PASCALE, manifeste on ne peut mieux cette triple dynamique : On ANNONCE la Résurrection du Christ par le chant de l’Exultet dès l’entrée dans le chœur du cierge pascal. On PRECHE l’Evangile. On EXERCE cet œuvre de salut par les 3 sacrements de l’initiation reçus par les catéchumènes : que sont le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie. Ce même n°06 rappelle comment chaque sacrement de l’initiation est en lien, et manifeste l’incorporation au mystère de la mort et de la Résurrection du Christ : « …Par le baptême les hommes sont greffés sur le mystère pascal du Christ : morts avec Lui, ensevelis avec Lui, ressuscités avec Lui ; ils reçoivent l’Esprit d’adoration des fils « dans lequel nous crions Abba, Père » et ils deviennent ainsi ces vrais adorateurs que cherche le Père. Semblablement, chaque fois qu’ils mangent la Cène du Seigneur, ils annoncent sa mort jusqu’à ce qu’Il vienne. ».

Permettez-moi alors de commenter le rôle du diacre au sein de la liturgie de la Veillée Pascale. Nous pourrons alors voir qu’il manifeste la visée théologique de « DEI VERBUM » en ces deux premiers chapitres, et que cette visée est un parfaite harmonie avec la théologie du diaconat contenue dans le rituel des ordinations !

La VIGILE PASCALE commence à l’extérieur par la « liturgie de la Lumière », et cette dernière se clôt dans l’église par le chant de l’EXULTET.

Curieusement c’est l’Exultet qui annonce déjà la Résurrection du Christ, et cela de manière beaucoup plus solennelle et déployée que l’Evangile lui-même ! Et oui ! N’en déplaise à certains puristes, mais ce n’est pas la proclamation de l’Evangile qui annonce que le Christ est bien ressuscité, c’est l’Exultet ! L’Evangile ne fait que « redire » ce que l’Exultet nous a déjà annoncé ! Voilà un texte profane, mais qui a valeur « d’Evangile » ! L’Exultet est « bonne nouvelle », car c’est lui qui ANNONCE solennellement le mystère pascal, et qui permet de passer des ténèbres à la lumière !

D’un point de vue narratif, le texte de l’Exultet est sans doute la prose la plus belle, la plus profonde, et la plus inspirée pour ANNONCER la résurrection ! Le texte a été longtemps attribué à saint Ambroise lui-même, bien que l’histoire des sources soit beaucoup plus complexe que cela, et que son origine bien que de l’Italie du nord, ne soit pas de saint Ambroise. Il y a eu un nombre certain de variantes jusqu’à sa fixation définitive, par le pape Innocent III (1160-1216), soit près de 9 siècles après sa première apparition. Mais il n’en demeure pas moins qu’il incarne le chef d’œuvre et le génie humain de la prose pour rendre compte d’un tel mystère ! D’ailleurs, il s’agit en fait d’une sorte d’homélie poétique ! De prédication en prose. Bref, on ANNONCE en PRECHANT EN VERS, coutume quasi orientale !

Il est bien dommage qu’aucun musicien n’a mis en musique l’intégralité de la traduction française de cette prose site à la réforme conciliaire. Seul le missel romain dans son édition grand format de 1972 propose une mise en musique sous forme abrégée. Par ailleurs, même André GOUZE ne l’a pas mise en musique totalement. Et c’est bien dommage tant il nous est dit quelque chose d’important à ce moment-là : non seulement concernant les diacres, mais à travers eux, la mission profonde de l’Eglise !


Oui ! Bienheureux es-tu toi qui est diacre !

Car c’est à toi que l’Eglise a confié la mission d’ANNONCER solennellement que Notre Seigneur est bien vivant !

Car c’est à toi que l’Eglise a confié sa prose la plus accomplie et la plus profonde, pour la chanter à la manière de la préface des prêtres ! D’ailleurs la partition musicale de l’Exultet grégorien est considérée aussi comme le chef d’œuvre du genre.

Te rends-tu compte, que c’est à toi qu’est confiée la tâche d’annoncer et de proclamer la Sainte Ecriture ! Si la constitution dogmatique « DEI VERBUM » en ces 2 premiers chapitres, parle des 2 « jaillissements » de l’unique source de la REVELATION, à savoir la Tradition reçue des apôtres comprise comme une dynamique de transmission et d’annonce, et la Sainte Ecriture, il n’empêche que c’est toi, diacre, qui en manifeste la visibilité lorsque l’Eglise se rassemble pour prier !

Les deux dimensions de l’apostolicité et de la catholicité de l’Eglise reposent sur ces deux « jaillissements » de la REVELATION ! Les 2 premiers chapitres de DEI VERBUM fondent alors ces dimensions de l’Eglise « catholique » et « apostolique ». L’Eglise est « APOSTOLIQUE » parce qu’elle est fondée sur la Tradition reçue des apôtres. L’Eglise est « CATHOLIQUE » parce qu’elle accomplit sa mission d’ANNONCER à toutes les nations, et de rassembler les disciples du Christ au-delà des frontières culturelles, nationales et raciales !

C’est parce que l’Eglise PUISE dans les deux sources de la Révélation et qu’Elle TRANSMET ce qu’Elle a reçu avec FIDELITE, qu’Elle est à la fois catholique et apostolique !

Te rends-tu compte cher diacre, que c’est toi qui rappelle à l’Eglise sa double dimension ! Lorsque tu annonces et que tu proclames l’Evangile : tu rappelles à l’Eglise sa vocation « catholique » ! Lorsque tu annonces et que tu proclames l’Evangile : tu rappelles à l’Eglise sa vocation « apostolique ».

L’un et l’autre se fondant sur la REVELATION…

Ton ministère est alors étroitement lié à celui de l’évêque ! Même si l’évêque, par sa charge épiscopale est le GARDIEN de la catholicité et de l’apostolicité de l’Eglise, il n’empêche que tu participes étroitement à son ministère !

Car toi, diacre, tu en es la MEMOIRE VIVE ! C’est toi qui assure, par ton ministère diaconal, le MEMORIAL de la vocation et la mission profonde de l’Eglise, ainsi que sa double dimension ! Par ton action, c’est toi qui rappelle à ton évêque, sa charge et sa mission au sein de l’Eglise diocésaine !

Tu n’es pas uniquement là pour être le « V.R.P. de la charité » dans les cas extrêmes, ou le management des réseaux caritatifs dans les plans sociaux! Mais tu es là également pour rappeler à l’Eglise qu’en étant fondée sur le Christ, Elle s’enracine et puise dans les 2 sources de la Révélation !

Cher diacre, le jour de ton ordination, as-tu pris conscience qu’en te remettant l’Evangéliaire et en te disant : « Recevez l’Evangile du Christ que vous avez la mission d’annoncer. Soyez attentifs à croire à la Parole que vous lirez, à enseigner ce que vous avez cru, à vivre ce que vous aurez enseigné«  l’évêque manifestait et te confiait toute la théologie contenue dans les 2 premiers chapitres de DEI VERBUM ?

Nous avons déjà pu voir dans un article précédent que la REVELATION est un don de Dieu, de sa liberté de nous faire comprendre ce qui est caché et inaccessible, actualisant cette parole évangélique, que Jésus-Christ est venu nous REVELER ce qui depuis les origines est caché.

« Recevez l’Evangile… » La REVELATION est avant tout un accueil… En « recevant » l’Evangéliaire dans tes mains, tu manifestes cette disponibilité, première et incontournable pour chaque baptisé, celle d’ACCUEILLIR l’illumination de l’intelligence que Dieu nous communique !  Tu manifeste bien cet accueil du DON de l’INTELLIGENCE, de ce « dépôt de la foi » dont parle DEI VERBUM ! L’Eglise nait dans la réception ! C’est parce qu’elle reçoit en premier, qu’elle peut donner ensuite ! Faire de l’accueil l’attitude première, à la fois spirituelle et humaine, de chaque membre de l’Eglise, n’est autre que la mise en pratique du contenu même de DEI VERBUM !

« …l’Evangile du Christ que vous avez la mission d’annoncer… » Ce que tu reçois, tu dois de l’annoncer ! La continuité de l’accueil est la transmission par l’annonce ! Tu reçois puis tu donnes ! En te disant que tu dois « annoncer » ce que tu as reçu, cher diacre, la formule rituelle met alors en pratique toute la notion théologique de la « Tradition » contenue dans DEI VERBUM ! Cette constitution a bien montré que cette dernière est une dynamique de transmission ! Il est de la mission la plus profonde de l’Eglise de TRANSMETTRE ! Et c’est toi qui manifeste cela ! Même lorsque l’on ordonne un prêtre ou un évêque, c’est uniquement au diaconat qu’est rappelé cela ! L’Evangéliaire symbolise non seulement l’Ecriture mais aussi la Tradition reçue des apôtres ! DEI VERBUM insiste bien sur la reconnaissance des 2 sources : C’est parce que l’Eglise a d’abord TRANSMIS ce qu’elle a reçu des apôtres, qu’elle a pu un jour le fixer « canoniquement » par la reconnaissance du Nouveau Testament ! Puisque le Nouveau Testament émerge au cœur même de la transmission de l’héritage apostolique, alors en recevant l’évangéliaire cher diacre, tu ne reçois pas seulement le Sainte Ecriture : mais également la Tradition reçue des apôtres! A travers l’Evangéliaire, tu reçois dans tes mains, cher diacre, les deux « jaillissements » de la Révélation !

« …Soyez attentifs à croire à la Parole que vous lirez… » L’ensemble du premier chapitre du DEI VERBUM a pu mettre en lumière le lien profond entre le don de la Révélation, et l’accueil de ce dernier dans l’intelligence ainsi que dans la foi. Nous avons pu voir que ce premier chapitre, repose à nouveau frais la question et le rapport entre la foi et la raison. Pour DEI VERBUM, il semble clair que la démarche de foi, ne peut avoir lieu que dans une intelligence raisonnée et éclairée, c’est-à-dire qui est en recherche. De même que c’est l’acte de foi qui devient « prélude » à l’accueil de la Révélation ! La Révélation ne vient pas comme un anesthésiant de la démarche de liberté et de la démarche raisonnée ! Comme si elle s’imposait, nous faisait taire, et nous demandait surtout d’acquiescer sans réfléchir. Au contraire c’est dans la recherche de l’intelligence, et dans un acte de foi, que la Révélation est accueillie ! Par la formule liturgique, nous voyons clairement le lien entre la vision théologique de DEI VERBUM en ce qui concerne l’acte de foi et la raison, avec la fonction liturgique du diacre qui sera de « proclamer l’Evangile » dans chaque acte liturgique sacramentaire. La fonction liturgique de « proclamer l’Evangile » confère au diacre de poser un acte de foi ; Mais également de manifester à l’Eglise que c’est, dans une recherche raisonnée et dans un acte de foi, que l’on peut accueillir le don de la Révélation de Dieu, contenue et dans la Tradition et dans la Sainte Ecriture ! Et par conséquent comme le dit DEI VERBUM d’être en conversation avec Dieu ! C’est toi, cher diacre, qui manifeste à l’Eglise que Dieu est en conversation avec Elle, accomplissant un autre contenu théologique de DEI VERBUM !

« …à enseigner ce que vous avez cru… » Par cette formule se trouve condensée toute la dynamique de la transmission contenue dans le deuxième chapitre de DEI VERBUM ! Ce dernier montre bien que l’Eglise reçoit la mission d’annoncer par la prédication et l’enseignement ! La première mission de l’Eglise dans la transmission, c’est la prédication ! Or ici, la formule liturgique est très précise parce que nous n’enseignons pas une idéologie, des préceptes, des concepts… Nous devons enseigner ce qui a été cru ! Nous enseignons ce que l’on a reçu dans la foi ! Ici nous sommes dans la dynamique de l’approfondissement de la foi ! Or, DEI VERBUM a bien rappelé dans son premier chapitre, que le cœur de la Révélation, tout comme de la foi, c’est une personne : JESUS-CHRIST et Jésus-Christ mort et ressuscité ! Nous voyons ici le lien théologique entre la constitution et l’enseignement de saint Paul que dira nous annonçons un Messie et un Messie crucifié ! La Révélation a pour but de nous faire COMMUNIER à Jésus-Christ lui-même ! Ainsi la finalité de toute prédication est de favoriser la COMMUNION avec Jésus-Christ, qui est toujours vivant ! La formule liturgique, non seulement rend compte de toute la dynamique théologique de la transmission, mais en plus de la finalité de la Révélation mise en lumière par DEI VERBUM : la communion avec notre Seigneur ! C’est toi aussi, cher diacre, qui en participant à la mission d’enseignement de l’Eglise, favorise également la communion des fidèles avec Notre Seigneur, même si l’on ne t’a pas confié la charge et la célébration de l’eucharistie ! Voilà une autre manière de servir l’eucharistie ! Et cette communion est là pour nous aider à demeurer fidèle à l’enseignement des apôtres, car c’est grâce à lui selon DEI VERBUM, que l’on peut connaître notre Seigneur !

« …à vivre ce que vous aurez enseigné. ». Ici nous rejoignons une intuition que l’on retrouve inscrite dans l’Ancien Testament, en particulier dans le Livre d’Esdras, où l’on raconte la liturgie de retour dans le Temple de Jérusalem. Ce texte sert énormément de référence pour la liturgie de la Parole. Or dans ce récit biblique, on perçoit bien que c’est l’explication et le commentaire de la Lecture, qui suscite dans le chœur des fidèles le désir de la conversion ! La formule liturgique rend bien compte de ce récit biblique dans cette réalité que c’est la prédication, l’interprétation de l’Ecriture qui suscite la conversion des mœurs ! C’est l’illumination et l’intelligence des Ecritures qui suscitent en nous le désir de changer, et de conformer notre vie au mystère qu’elles contiennent ! Dans les Actes de Apôtres nous pouvons nettement voir que c’est la prédication évangélique qui permet de nombreuses conversions ! Nous voyons bien, que la finalité des deux premiers chapitres présentant la Révélation, conduit à la conversion, et donc au chemin de la sainteté ! Accueillir dans la foi, la Tradition que nous avons reçue des apôtres, et la transmettre par l’annonce, nous conduit à la « vocation universelle à la sainteté » que nous retrouvons dans la constitution sur l’Eglise LUMEN GENTIUM ! C’est la vocation de toute l’Eglise que de grandir en sainteté ! Ainsi la vocation profonde d’ANNONCER de l’Eglise, enracinée dans la double source de la Révélation, l’a conduit sur le chemin de la sainteté ! « Annoncer » pour être de plus en plus saint, comme Jésus-Christ, lui-même est le seul SAINT ! C’est toi, cher diacre, qui reçois cette mission de rappeler à l’Eglise que sa vocation l’appelle à grandir en sainteté !

Tu vois, cher diacre…

Avec ces trois verbes actifs que l’on a prononcés pour toi, te voilà complètement immergé dans la théologie de la liturgie du concile ! Nous avions vu précédent que dans l’acte liturgique l’Eglise manifeste sa vocation et sa mission: Elle doit PRECHER l’Evangile, Elle doit ANNONCER le mystère de la foi, Elle doit EXERCER par la pratique sacramentaire.

Or, ne vois-tu pas cher diacre, qu’à travers ton ordination, dans la vie de l’Eglise, c’est à cela que tu es appelé !

Tu dois ANNONCER dans la foi, ce que tu as toi-même reçu de la Tradition reçue des apôtres, et des Saintes Ecritures! Tu dois PRECHER par l’enseignement, les mystères de la foi que tu as reçus. Et tu dois l’EXERCER en acte. Voilà la spécificité de ton ordre, car dans l’Eglise, s’il y a un EXERCICE que tu dois manifester : c’est celui de la CHARITE autrement dit le « sacrement du frère »!

Te rends-tu compte cher diacre que c’est toi, qui par l’EXERCICE de la DIACONIE, rappelle ce qu’il y a au cœur de l’Eglise ! A l’instar de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, qui a compris que dans le cœur de l’Eglise, elle serait l’amour…

Alors conduit par l’enseignement de ce Docteur de l’Eglise, n’oublies pas, cher diacre, que c’est ton ministère diaconal, qui rappelle à l’Eglise qu’elle est centrée sur la CHARITE, et que pour avoir part aux mystères de la Rédemption que sont la Mort et la Résurrection de son Seigneur, c’est par « la porte du lavement des pieds » qu’Elle doit passer et être initiée!

On ne peut authentiquement accéder aux mystères de la rédemption, sans passer par la médiation de la Charité !

C’est toi diacre, qui dans l’Eglise agit nom du « Christ Serviteur » ! C’est toi, qui rappelle à tous ceux qui ont la charge pastorale, et qui agissent en nom du « Christ-Tête » et « Bon Pasteur », pour guider, enseigner et sanctifier l’Eglise, qu’ils ne doivent pas se prendre au jeu du pouvoir, de la mondanité et des vanités temporelles ! Au contraire c’est toi, qui par la place que la liturgie te donne, rappelle que toute l’action des membres de l’Eglise, quels qu’ils sont, doit s’orienter uniquement par la charité !

Si la liturgie manifeste théologiquement ta place et ce qu’à travers toi, l’Eglise peut comprendre d’elle-même, il n’empêche que ton action est bien loin d’être uniquement liturgique ! Bien au contraire ! Tu as l’EXERCICE DE LA CHARITE comme responsabilité ! Et quelle mission n’est-ce pas ? Et je pense que cet exercice ne se réduit pas uniquement à l’action philanthropique spécialisée, mais qu’il peut rayonner bien au-delà, et à tous les niveaux !

Finalement, heureuse intuition conciliaire que d’avoir voulu remettre en vigueur le diaconat ! Je pense vraiment que nous n’avons pas su mesurer à l’époque l’ampleur considérable de ce geste !

C’est l’occasion de ce jubilé, qui pourra alors permettre de prendre la pleine mesure de cette inspiration du Saint Esprit, qui aujourd’hui, a quelque chose à dire à l’Eglise ! Et surtout comprendre la démarche nationale « diaconia 2013 » à Lourdes : un beau programme !

Il suffit de relire le texte de Paul VI lors de premier congrès international sur le diaconat le 25 octobre 1965, ainsi que celui pour la commission d’étude pour le diaconat permanent le 24 février 1967, pour se rendre compte de l’intuition qui dépasse largement la compréhension que l’on pouvait en avoir ! Cela est net pour le Motu Proprio du 18 juin 1967 « Sacrum diaconatus ordinem » qui a restauré l’ordre des diacres permanents. Il était une évidence, déjà pour les Pères conciliaires, et encore plus pour nous de la pertinence et de la légitimité de votre vocation au sein du ministère ordonné!

 

En toi, cher diacre, l’Eglise peut faire mémoire, comme le souhaitait Jean XXIII, d’une de ses racines les plus profondes et les plus pures : le cœur de l’Eglise est l’exercice concret de la Charité !