Qui se souvient de la célèbre chanson de Claude François « c’était l’année 62 ! » où le chanteur brossait les évènements importants de cette année ? Nous pourrions, dans la même logique, faire un recensement de tous les évènements qui ont jalonné la préparation du Concile Vatican II durant cette année 1959.

Si l’on regarde l’index thématique de la Documentation Catholique, pour l’année 1959, en ce qui concerne « Concile œcuménique », on a de quoi être surpris !

 Surpris par la quantité des documents qui évoquent et mettent en perspective le futur Concile.

Onze documents pour cette année, faisant suite au consistoire extraordinaire du 25 janvier!

Dont : une première encyclique, trois conférences de cardinaux, trois intentions de prières du pape pour diverses fêtes liturgiques, trois allocutions du pape en faveur de l’action catholique italienne, de la fédération des universités catholiques, des prêtres vénitiens, et enfin, une allocution solennelle le 17 mai, fête de la Pentecôte, afin de nommer la commission de préparation du Concile.

Les précédents articles ont tenté de mettre en perspective le consistoire extraordinaire du 25 janvier 1959, tout en essayant de cerner les motivations du souhait de Jean XXIII de convoquer un concile, et de mettre en lumière les fondements doctrinaux et pastoraux de cet acte, en relation avec le contexte géo politique.

Nous allons à présent, dans les articles qui vont suivre, nous plonger dans tous ces documents afin de voir comment ce souhait de convoquer un concile est reçu, et surtout comment il prend forme et évolue !

Cette année 1959 témoigne du « bouillonnement » de cette réception, mais aussi et surtout de la dimension ecclésiale de ce « bouillonnement ». Comme je le disais, Jean XXIII amorce lui-même ce renouvellement ecclésiologique :

la réception de son souhait et la préparation du concile est, dans le même élan, une œuvre complètement ecclésiale !

Chacun avec son charisme propre : La préparation du Concile n’est pas uniquement l’œuvre de quelques intellectuels, d’un petit bureau, d’un petit comité, d’un conseil restreint ! La pluralité du public concerné par ces onze documents le prouve irréfutablement !

Sans avoir encore analysé le contenu de ces onze documents, leur pluralité  fait complètement tomber l’idée, défendue aujourd’hui par quelques milieux, que le Concile a été une œuvre uniquement de quelques « spécialistes » « plus ou moins recommandables ». Or, on ne peut tenir un telle idée, car la réception du souhait de Jean XXIII, et le début de la préparation, touchent tous les « charismes » de la vie de l’Eglise !

Les trois allocution de Jean XXIII touchent l’ordre des prêtres, les intellectuels, et les gens d’action de tous milieux sociaux. Les conférences des cardinaux touchent les évêques, les théologiens, et surtout le monde des médias, en particulier celui de la presse, et à travers lui, tous ceux qui ne sont pas catholique ou extérieurs à la vie de l’Eglise. Les trois intentions de prières touchent tous les fidèles, et ceux qui ont pour vocation de prier, afin que soit spirituellement portée, la préparation de cet évènement.

Bref tous les « membres » de l’Eglise sont représentés et par conséquent concernés : l’ordre sacerdotal, la vie consacrée, tous les fidèles laïcs, qu’ils soient penseurs, acteurs de la vie de la société ou modeste priant.

Et surtout, nouveauté non négligeable : le monde de la presse et par lui, toutes les personnes de « bonne volonté » comme se plaira à le répéter Jean XXIII, sont concernés.

 Avec ce lien fort avec le monde de la presse, on peut penser que la réception de l’annonce et la préparation du Concile ont une portée vraiment « universelle » !

Enfin la portée ecclésiale et universelle de la préparation du Concile est admirablement symbolisée par l’allocution solennelle de la Pentecôte. C’est en ce jour, où la liturgie met en lumière le temps de l’Eglise, et l’universalisme de l’annonce à toutes les nations, qu’a été rendu publique la commission de préparation avec le « cahier des charges » pour organiser ce gigantesque travail.

Les articles qui vont suivre, vont tenter de rendre compte de l’analyse des documents majeurs de l’année 1959. L’analyse de ces articles permettra de voir comment « prennent corps » les fondements pauliniens du Concile que nous avions pu mettre en lumière précédemment.