Voici un article publié dans ‘Eglise de Metz », le bulletin officiel de l’Eglise Catholique en Moselle. Alors que la fête de la Toussaint approche, alors que l’appel universel à la sainteté va être à nouveau annoncé par la proclamation de l’Evangile des Béatitudes, ce décret et ses presque 50 ans d’existence, nous rappelle avec que c’est la vie chrétienne de ses membres qui assure à l’Eglise sa première et primordiale oeuvre missionnaire.

Vivre chrétiennement dans le monde, tel est l’appel missionnaire!

 

Le décret Ad gentes fait partie de cette incroyable série de documents promulgués à la fin de la 4ème et dernière session du Concile.

En effet, la 2ème session a promulgué 2 textes (la constitution dogmatique sur la liturgique et le décret sur les moyens de communications). La 3ème session, la plus aboutie, a promulgué 3 textes concernant le mystère de l’Eglise (la constitution dogmatique sur l’Eglise, le décret sur les Eglises Catholiques Orientales ainsi que le décret sur l’œcuménisme). La dernière session du Concile va conduire à la promulgation de 11 textes.
Ce calendrier de promulgation est révélateur de l’axe ecclésiologique du Concile Vatican II à partir duquel vont se coordonner l’ensemble des documents et de leur compréhension transversale. Mais en même temps, ce calendrier rend bien difficile la réception immédiate de l’évènement. Comment, dans la dynamique de l’évènement étudier, assimiler et vivre l’intégralité de ces 11 documents promulgués presque en bloc ?

L’axe ecclésiologique est ce qui permet de comprendre la dynamique interne du décret sur l’activité missionnaire de l’Eglise.
Le premier chapitre est une parfaite synthèse de la constitution dogmatique sur l’Eglise Lumen Gentium. Au cœur de la compréhension du mystère de l’Eglise, les Pères conciliaires nous aident à redécouvrir la dimension mystérique de l’activité missionnaire : « Ainsi il est clair que l’activité missionnaire découle profondément de la nature même de l’Église ; elle en propage la foi qui sauve, elle en réalise l’unité catholique en la répandant, elle reçoit sa force de son apostolicité, elle met en œuvre le sens collégial de sa hiérarchie, elle en atteste, répand et développe la sainteté (N°06)… L’activité missionnaire n’est rien d’autre et rien de moins que la manifestation du dessein de Dieu, son épiphanie et sa réalisation dans le monde et son histoire, dans laquelle Dieu conduit clairement à son terme, par la mission, l’histoire du salut (N°9)». Ainsi l’activité missionnaire est profondément ecclésiale, et ne peut se vivre dans un esprit trop individualiste.
Le chapitre II va tenter de cerner ce que peut être « l’œuvre missionnaire ». Il va s’organiser en 3 articles dont la progression confirme la dimension ecclésiale. On va d’abord parler de la vie chrétienne, puis de la prédication, et enfin de la formation de la communauté chrétienne. Les Pères conciliaires rappellent que ce sont les sacrements de l’initiation qui rendent participants tous les membres de l’Eglise à l’activité missionnaire : c’est en vivant et agissant chrétiennement que nous sommes missionnaires : « Il faut que l’Église soit présente dans ces groupes humains par ses enfants, qui y vivent ou sont envoyés vers eux. Car tous les fidèles, partout où ils vivent, sont tenus de manifester, par l’exemple de leur vie et le témoignage de leur parole, l’homme nouveau qu’ils ont revêtu par le baptême et la force du Saint-Esprit qui les a fortifiés par la confirmation, afin que les autres, considérant leurs bonnes œuvres, glorifient le Père et perçoivent plus pleinement le sens authentique de la vie humaine et le lien universel de communion entre les hommes (N°11). »

Ainsi l’activité missionnaire, découlant du mystère de l’Eglise, se concrétise d’abord à travers la vie chrétienne de tous ses membres. Ce n’est qu’après cette idée forte et fondamentale, que les Pères évoquent la question des Eglises particulières (diocèses), des missions et de leur organisation matérielle, et de la coopération.