Le Pape Benoît XVI vient tout juste d’annoncer une année de la foi qui débutera le 11 octobre 2012. Avec le synode sur la Nouvelle Évangélisation et l’anniversaire des 50 ans de l’ouverture du Concile du Vatican II, le mois d’octobre 2012 sera riche d’événements. La Conférence des Évêques de France a décidé de marquer cet anniversaire par diverses manifestations et tous les diocèses français s’y associent. 50 ans après son ouverture, il nous est donné l’occasion de relire les textes et, non pas d’en faire un bilan mais peut-être de voir ou en est l’Église dans l’application concrète du concile et de sa réception.

Le décret De Presbyterorum ministero et vita a été promulgué le 7 décembre 1965 juste à la veille de la messe de clôture du Concile Vatican II en la solennité de l’Immaculée Conception. Il se fait l’écho de ce qu’est le ministère et la vie des prêtres dans le sillage de l’aggiornamento voulu par le Bienheureux Jean XXIII.

Même si ce décret fait parti des derniers documents signés par le Pape Paul VI et les Pères conciliaires, il n’en est pas pour autant moins important. Preuve en est tout l’élan donné par le Bienheureux Jean-Paul II avec entre autre le synode romain de 1990 sur la formation des prêtres ainsi que les documents suivants. On pourra citer l’exhortation apostolique Pastores Dabo Vobis sur la formation des prêtres dans les circonstances actuelles en 1992, texte donnant les conclusions du synode de 1990, ainsi que le document sur la Formation des futurs prêtres voté par l’assemblée des évêques de France en 1997 ou encore le Directoire pour le ministère et la vie des prêtres de la Congrégation pour le Clergé en 1994. Nous n’oublierons pas de mentionner l’année du prêtre en 2009-2010 voulue par le Pape Benoît XVI et qui a abouti au plus grand rassemblement de prêtres jamais réalisé jusqu’ici.

Il ne s’agira pas de faire ici une relecture complète de ce décret mais plutôt de mettre en relief les aspects du ministère et de la vie des prêtres. 50 ans après sa promulgation, alors que le prêtre suscite aujourd’hui des questionnements et des interrogations, il est intéressant de voir ce que ce texte nous dit non seulement du prêtre pour lui-même mais aussi par rapport aux fidèles laïcs.

Dans le préambule, les Pères du Concile donnent le ton du décret et en quelque sorte sa raison d’être en nous disant qu’il s’agit de rappeler l’importance de l’Ordre des prêtres dans l’Église, mais aussi « dans une situation pastorale et humaine qui souvent a subi de profonds changements, il fallait les [les prêtres] aider plus efficacement dans leur ministère et mieux prendre en charge leur vie » (PO 1).  Dès le début du préambule, les Pères conciliaires affirment que « cet Ordre [des prêtres] joue, dans le renouveau de l’Église du Christ, un rôle essentiel, mais aussi de plus en plus difficile… »

Pour les non-initiés, il est peut-être nécessaire d’expliquer brièvement ce qu’est l’Ordre des prêtres. Dans l’Église catholique, nous avons sept sacrements et l’Ordre en fait partie. Il s’agit en fait du sacrement de l’Ordination par lequel on entre dans l’Ordre des diacres, des prêtres ou encore des évêques. Par le sacrement du baptême, tous les fidèles participent de manière active à la mission du Christ mais, par le sacrement de l’Ordre, pour les diacres, prêtres et évêques, il s’agit de servir (diacres) au nom et en la personne du Christ (prêtres et évêques) au milieu de la communauté.

Le décret Presbyterorum Ordinis est divisé en trois chapitres qui traitent de la mission du prêtre dans l’Église, puis du ministère en lui-même et enfin de la vie du prêtre. Dans ce premier billet je vais m’attarder sur le premier chapitre. Cette mission, comme nous allons le voir,  se découle sous plusieurs aspects.

La mission première du prêtre, qui se déploie dans ce qui fait son ministère et sa vie, est de « rendre gloire à Dieu le Père dans le Christ » (PO 2). Ainsi, il s’agit pour le prêtre de « faire grandir la gloire de Dieu et faire avancer les hommes dans la vie divine » (PO 2).

Mais le Concile n’oublie pas de mentionner dans un deuxième temps ce qu’est la condition du prêtre dans le monde. C’est là un élément essentiel de ce qui fait l’identité du prêtre diocésain qui, comme nous le redit saint Paul dans sa lettre aux Hébreux (Hb 5, 1) est : « pris du milieu des hommes et établis en faveur des hommes, dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir des dons et des sacrifices pour les péchés » (PO 3). Cela doit être vécu à l’image du Christ lui-même, qui « a demeuré parmi nous et a voulu devenir en tout semblable à ses frères, à l’exception cependant du péché » (PO 3).

Le prêtre fait parti de la hiérarchie de l’Église et plus particulièrement de ce que l’on appelle l’Ordre du presbytérat. Celui-ci est établi comme coopérateur à l’Ordre Épiscopal et est uni à lui dans les missions de construction (enseignement), de sanctification et de gouvernement du peuple de Dieu, corps du Christ, ce que l’Église appelles les Tria munera (cf. Benoît XVI, Les 3 missions du prêtre, éd. Pierre Téqui,  Paris, Juin 2010).

Le ministère et la vie des prêtres se déploient alors, comme nous le rappelle le décret du concile dans « les temps de prière et d’adoration comme dans l’annonce de la Parole, dans l’offrande du sacrifice eucharistique et dans l’administration des autres sacrements comme dans les différents ministères exercés au service des hommes. » (PO 2) mais aussi dans les relations humaines avec les qualités de bonté, de sincérité, de force morale, de persévérance, de passion pour la justice, de délicatesse (PO 3).

Dans la prière de l’angélus du 13 juin 2010, le Pape Benoît XVI disait que « le prêtre est un don du Cœur du Christ : un don pour l’Église et pour le monde. » Il lui faut alors être avant tout un témoin du Christ aujourd’hui et un dispensateur des dons de Dieu dans toute sa vie tout en étant parmi les hommes, en étant proche de leur existence. « Le monde d’aujourd’hui a besoin de personnes qui parlent à Dieu, pour pouvoir parler de Dieu » Ces paroles du pape Benoit XVI lors d’une rencontre à Rome du Conseil pontifical pour la Promotion de la Nouvelle évangélisation les 15 et 16 octobre derniers vont tout droit vers la personne du prêtre qui reste un homme dans le monde tout en ne « prenant pas modèle sur le monde présent » (PO 3) mais sur Dieu !