Une ancienne affiche de pub pour les vocations sacerdotales

Le prêtre diocésain, tel que l’entend le Concile Vatican II, déploie son ministère dans trois pôles principaux que l’on appelle les Tria munera. Le deuxième chapitre du décret conciliaire sur le ministère et la vie du prêtre développe en trois points ce qu’est réellement ce ministère.

Il s’agit avant tout pour le prêtre de répondre à un appel du Christ qui demande à ses disciples d’ « aller dans le monde entier, prêchez l’Évangile à toute la création » (Marc 16, 15) et par la suite, comme le dit st Matthieu dans son évangile : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit… » (Matthieu 28, 19). Cette mission est en tout premier lieu confié à l’Évêque qui en est le principal ministre. Celui-ci la délègue aux prêtres, qui sont ses collaborateurs.

L’annonce de la Bonne Nouvelle

La Parole de Dieu, contenue dans la Bible, fait partie de la vie du chrétien. Toutes les étapes importantes de la vie sont jalonnées par cette Parole qui n’est autre que celle du Christ lui-même. C’est là une richesse qui nous est donnée par le Concile qui remet à sa juste place cette Parole du Dieu qui agit encore aujourd’hui dans la vie des hommes.

Nous pourrions considérer que cette mission d’évangélisation est première pour le prêtre. D’ailleurs, le fait que les Pères conciliaires placent le thème de la Parle de Dieu en premier n’est pas anodin.

Avoir la foi, croire en Dieu, cela passe d’abord par une rencontre intime avec Lui. Mais, cette foi, il nous faut ensuite l’affermir et en cela la lecture de la Bible et de la Parole de Dieu est essentielle.

Dans la structure de la Messe, nous avons en premier la liturgie de la Parole qui est suivie de la liturgie Eucharistique. Cela veut tout simplement montrer que, avant de rencontrer le Christ dans le pain et le vin consacré, il nous faut nous laisser enseigner par lui et écouter Sa Parole. St Paul nous le redit bien quand il annonce aux Romains que « la foi vient de ce qu’on entend, ce qu’on entend vient de la parole du Christ. » (Rm. 10, 17).

Cette Parole de Dieu, le prêtre a donc pour mission de l’annoncer à temps et à contretemps selon la formule consacrée ! Comme nous le redit très justement le décret conciliaire « les prêtres ont à faire partager la vérité de l’Évangile » (PO 4). Ce partage de la Parole ce fait de diverses manières et à divers moments : dans la prédication lors des messes et autres célébrations liturgiques, en faisant des enseignements ou encore en l’étudiant. Dans tout les cas, il s’agit pour le ministre de la Parole de ne pas enseigner sa propre parole mais bien de transmettre le message du Christ tout en étant actuel. Le décret conciliaire dit bien que « la vérité permanente de l’Évangile doit s’appliquer aux circonstances concrètes de la vie » (PO 4). C’est une Parole qui doit être entendue et qui doit faire vivre le croyant d’aujourd’hui.

Célébrer le Seigneur

Dans un deuxième temps, le texte conciliaire s’attarde sur le prêtre comme ministre de l’Eucharistie. Comme dans sa mission précédente, le prêtre est là aussi un collaborateur de l’Évêque qui est le ministre par excellence de ce sacrement. L’Évêque ne pouvant pas être partout à la fois dans son diocèse, les prêtres assurent en quelques sorte sa présence dans chacune des communautés chrétiennes (PO 5).

Le décret du concile insiste sur le fait que l’Eucharistie est Le Sacrement. Ainsi tous les autres sont rattachés l’Eucharistie qui est la source et le sommet de toute évangélisation (PO5).

Par conséquent, le prêtre est chargé de présidé la célébration de l’Eucharistie, comme d’ailleurs tous les autres sacrements. C’est bien cette assemblée eucharistique qui est le centre de la vie de la communauté chrétienne qui se retrouve autour du prêtre, figure du Christ, pour louer et prier son Dieu.

Dans son action d’annonce de la Parole et de célébration de l’Eucharistie (et des autres sacrements), le prêtre est chargé d’instruire les chrétiens à « célébrer le Seigneur de tout cœur par des hymnes et des chants spirituels rendant grâces en tout temps pour toutes choses au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ à Dieu, le Père. » (PO 5). Pourtant, la mission du prêtre ne s’arrête pas là car, en dehors des célébrations communautaires, il continue la prière pour le peuple qui lui est confié en célébrant la Liturgie des Heures aux différentes heures du jour.

La mission pastorale de gouverner

Les deux missions d’annonce et de célébration sont complétées par une troisième « fonction » qui, elle aussi, est subordonnée à l’Évêque du diocèse. Il s’agit pour le prêtre, à la suite du Christ, d’être un véritable pasteur pour la portion du peuple de Dieu qui lui est confié. Dans ce sens, c’est l’attention à tous qui lui est demandé. Le texte conciliaire nous en dresse une liste non exhaustive : les pauvres, les petits, les jeunes, les époux et les parents, les religieux et religieuses, les malades et les mourants (PO 6). Nous le voyons bien, le prêtre est en quelque sorte le Père de tous. Il a donc pour mission de former une authentique communauté chrétienne qui se doit d’être missionnaire, ouverte sur le monde, attentives aux besoins des hommes et particulièrement à ceux qui cherchent Dieu.

Cette communauté, guidée par le prêtre est appelée à vivre ensemble d’une même foi et d’une même espérance, rassemblée autour de l’Eucharistie qui est le lieu privilégié de la rencontre avec Dieu.

En fin de compte, tout ce que fait le prêtre dans l’annonce de la Parole, la célébration des sacrements et la conduite de son peuple ; il le fait pour la croissance spirituelle du Corps du Christ.